Vous savez … Des fois, y’a des scènes qui nous marquent. Des épisodes qui restent gravés malgré les années car ils sont remplis d’une certaine puissance, d’une inventivité ou d’un message qui nous suit et quand on revoit passer l’affiche de la série on se dit « Ah mais oui y’avait cet épisode ! ». Et des fois, ça arrive dans des séries qui pourtant ne respirent pas l’excellence, voire sont assez moyennes pour parler honnêtement. Car toute série est imparfaite, l’imperfection peut aussi cacher des choses fabuleuses, et c’est pourquoi aujourd’hui je vous propose un tour d’horizon d’épisodes que je trouve incroyables dans des séries qui ne font pas partie de mes favorites, et qui renforcent clairement leurs séries, voire leurs donnent une raison d’être vues.

Pour le confort de lecture, je ne spoilerais rien. En fait si je spoile mais je ne parle que de ce que l’épisode évoque, pas dans son exécution, pas dans les finalités, ni dans les révélations quand c’est quelque chose d’important. J’en parle ouvertement mais toujours en surface, j’ai délibérément évité des exemples où je devais spoil des trucs vraiment importants pour expliquer en quoi c’est marquant (j’ai esquivé du Terra Formars et du Babylon pour ça par exemple). A vous de voir si vous risquez le jeu !

Log Horizon Saison 2 - Episode 10

Hier est sorti l’opening de la saison 3 de Log Horizon qui sortira cet Hiver, et c’est me replonger dans cette aventure qu’est Elder Tale qui m’a inspiré à faire cette article. J’aime beaucoup la saison 1 de Log Horizon, qui bénéficie d’un univers bien plus intéressant et intelligent que ses congénères isekais de la période post-SAO, mais moins sa deuxième saison plus centrée sur l’action et qui y perd donc en world-building qui était sa plus grande force. Néanmoins, il y a un épisode en particulier qui a toujours eu mes grâces, et je parle évidemment du 10. Dans cet épisode plein d’humilité, de passion et d’honnêteté, le personnage (pourtant très secondaire jusqu’à ce moment là) de William Massachusetts est amené à s’exprimer sur ses raisons de continuer à combattre lors d’une quête présumée impossible et que ses camarades de guilde, dépités, pensent à abandonner. S’en suit une quinzaine de minutes baignée dans une introspection et un monologue sur comment le fait d’être devenu un joueur de MMORPG a changé sa vie et lui a apporté la confiance en soi et le désir d’accomplir quelque chose qui lui manquaient. Cet épisode exprime avec justesse ce qu’est la découverte d’une passion, comment ça peut influencer une vie, et dédramatise le cas d’addiction à un jeu vidéo en montrant une nouvelle facette plus personnelle et salvatrice, à la limite du témoignage, d’un homme qui s’est redécouvert comme quelqu’un pouvant être fier de quelque chose dans une société où il n’était personne. A mon sens un épisode juste parfait, sincère, et bienvenue dans une série du genre qui a les moyens d’exploiter ce genre de thèmes.

Phi Brain Saison 3 - Episode 24

Phi Brain, anime sur les puzzles, est une série assez imparfaite, qui regorge de trucs très débiles mais qui est tout de même attachante et des très bons épisodes sont disséminés un peu partout (notamment dans la S2 qui est à mon sens la meilleure des trois, et 2/3 cas dans la saison 3). Mais si un épisode m’a prouvé que la série savait ce qu’elle faisait, c’est bien l’avant-dernier épisode. J’ai toujours eu assez peur de ce qui est dans la série le genre de puzzle ultime, parce-que j’avais du mal à voir comment on pouvait affirmer qu’un puzzle est le plus difficile du monde, qui ne peut pas être résolu par des humains etc, fin un truc légendaire. Quand à la fin de la trilogie, l’étau se resserre et que la boîte de Pandore s’ouvre, une perspective nouvelle s’est montrée. Pas de mots fléchés, de Rubik’s Cube ou de Tetris, aucune tension, aucun duel entre les deux concurrents. Simplement du slice of life qui met les personnages face à leur passé, leurs motivations, leurs échecs, leurs peurs, … La chose la plus difficile à résoudre, c’est soi-même, et la pièce de puzzle la plus difficile à imbriquer est ce qu’il nous manque pour être satisfait de notre existence. Une idée brillante, mais encore plus brillante dans cet épisode qui achève un parcours de 75 épisodes.

Banana Fish - Episode 13

Cette fois-ci, pas de grand sens derrière l’épisode, on est surtout face à un épisode que j’avais trouvé parfait dans son exécution et qui ressort pour moi totalement du reste de sa série. J’ai eu du mal à le revoir hors de sa continuité, pourtant je ne peux pas oublier la tension que j’ai eu au premier visionnage. Cet épisode de Banana Fish est un profond tournant scénaristique, le relâchement d’une tension et d’une haine accumulée et supposée depuis l’épisode 1. Plein de rebondissements, on est face à une lutte sans merci qui pousse dans leurs retranchements un homme changé mais qui doit faire face aux erreurs et horreurs de son passé afin de pouvoir tourner la page, et son ennemi juré qui a passé sa vie dans son ombre et qui n’a plus envie de reculer contre celui qui a tant influencé sa vie (en mal). Ces deux opposés ont besoin de ce duel. Un climax magistral, dont la tension ne sera malheureusement jamais retrouvée dans les 11 épisodes qui l’ont suivi, mais qui est resté gravé dans ma mémoire comme un des épisodes les plus puissants de 2018.

Sengoku Collection - Episode 23

Alors, ne faites pas Sengoku Collection. De l’épisodique très hétérogènes, et je ne pense pas que vous en tiriez quoi que ce soit. Maintenant il y a un épisode qui est complètement débile et probablement un des seuls qui exploite vraiment le setting de la série, ça m’a donné envie d’en parler même si ça remonte à très loin. En gros Sengoku Collection ça raconte l’histoire de généraux militaires japonais devenus des waifus et transposées dans le monde moderne. Pratiquement chaque épisode introduit une nouvelle héroïne (ce qui en fait la série avec le plus de Main Character sur MAL que je connaisse), et montre comment elle s’adapte au Japon du 21ème siècle. Dans l’épisode 23, on fait la rencontre de Tsunehisa Amago, qui dans le Iore de la série n’a que 4 ans et est à l’école maternelle. Sauf que motivée par ses gênes de conquérantes, elle prend pour objectif de dominer la cour de récré et notamment le bac à sable de la garderie afin de faire un château de sable géant à l’image de son empire (et aussi pour s’amuser). Et ça part complètement en n’importe quoi, des enfants de maternelle qui commencent à partir en jeux d’alliances, une Tsunehisa qui te sort des stratégies ou analyses en mode c’est super intelligent, raconté par un narrateur cliché des récapitulatifs historiques dans les séries qui y sont propices. Un genre de Kaiji des bacs à sables mais littéralement, et qui se prend très au sérieux. Un ep qui prête à sourire et qui tourne en dérision le concept de la série (là où avant c’était des trucs genre elles finissent yakuzas, idols, etc…).

Kono Yuusha ga Ore Tueee Kuse ni Shinchou Sugiru - Episode 11

Dans le lot des nombreux isekais de ces dernières années, Cautious Hero ne fut pas un des nombreux que j’ai esquivé, grâce à sa grosse moyenne de lancement qui m’avait intrigué. Série tout au plus moyenne et vite lassante, j’avais néanmoins connaissance de la surprise générale qui s’était instaurée à la fin de la série. Quand je l’ai rattrapé sans être spoil du contenu exact, j’ai réussi à être surpris en étant prévenu, c’est quand même balèze. La raison est simple : C’était terriblement efficace. En effet, série très branchée comique, les trois derniers épisodes de la série lui révèlent une part plus sombre et bien plus dure, aux bords de la dark fantasy, qui réinvente complètement la vision qu’on pouvait avoir de la série à la base. Un épisode fort en révélations qui nous amène à découvrir une nouvelle facette de l’histoire des protagonistes, très bien amené, et tragique sans tomber dans le ridicule comme un Goblin Slayer. C’est peut-être juste l’opposition au reste de l’anime qui rend cet épisode si marquant, mais il touche, il choque, il montre une réalité qui, d’une manière différente de Log Horizon mais dans le même ordre d’idée, devrait en inspirer d’autres. Cet épisode à lui seul justifie le visionnage. Dommage que ce joker ne puisse pas être utilisé dans la future saison 2, qui devrait rester dans le moyen de la majorité de la première saison.

Yuuki Yuuna wa Yuusha de Aru: Yuusha no Shou - Episodes 4-5

J’ai toujours eu mal avec les Yuuki Yuuna. J’avais accroché de manière spéciale ni à la première saison, ni à la préquelle. Néanmoins, j’ai enfin trouvé un amour de la série lors de sa séquelle, et particulièrement l’épisode 4 et la première moitié du 5. Je suis très fan du personnage de Yuuna depuis ces passages alors que j’en avais juste rien à faire avant. En fait là où je trouve ces épisodes magistraux, et c’est pas loin d’être le cas pour la saison dans son ensemble, c’est dans son étude psychologique de l’héroïne. Ici la série s’interroge sur le rôle du héros, sur ses devoirs, sur le sens de son existence, sur le poids sur ses épaules, sur son besoin de ne pas faire souffrir son entourage, sur sa lutte silencieuse contre le monde. L’internalisation d’une douleur, le fardeau du secret et de la vérité, c’est un flot de sentiments et de silence qui submerge la série, qui torture une héroïne qui encore une fois fait face à l’injustice de son univers mais qui cette fois ne peut se résoudre à y mêler les autres, car elle est l’héroïne et doit porter ces fardeaux seule pour l’être. Une mentalité complexe et auto-destructrice qui me touche particulièrement (coucou Phosphophyllite), et qui vient apporter une fraîcheur et une réflexion à une série qui jusque là ne se démarquait nul part et ne m’intéressait guère. Si je devais citer une période que je trouve folle dans une licence que je trouve moyenne, c’est elle et pas une autre. 

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