Avant de commencer, j’aimerais quand même faire un point général assez personnel, mais qui aidera sûrement à comprendre où je veux en venir avec ce dossier ambitieux dans lequel je me lance. En effet, je pense que je dois quand même m’exprimer sur pourquoi, pour moi, Toji no Miko est une série remarquable, avant de me lancer sur les détails de la série, et ça sera le sujet de ce premier article.

À travers mes articles rares mais conséquents, mon objectif principal, comme celui que je me donne en général de manière instinctive, c’est de valoriser des séries ou genres qui ne sont pas connues/reconnues à leur juste valeur. C’est un combat que je vis de manière assez courante sur Internet. Je ne vois, personnellement, pas vraiment l’intérêt de rabâcher des choses sur des séries qui sont déjà reconnues et qui n’auront pas besoin de moi pour être vu ou pour susciter un intérêt chez la plupart des gens, et en ce sens, j’essaye donc de parler de mes coups de cœur qui, pour des raisons qui m’échappent un peu, sont souvent dans cette catégorie des séries que je vais trouver sous-estimées. On m’a un jour dit que je fonctionnais par « surprise » et que le fait d’être surpris faisait une grosse partie de mon appréciation, et je pense que c’est vrai. Je ne suis également pas quelqu’un de difficile, et je montre souvent de l’intérêt pour des choses qui n’en mériteraient pas. Je ne pense pas qu’être facile à convaincre soit un défaut puisqu’il vaut mieux s’amuser que se faire chier dans la vie et je pense qu’on en conviendra, la limite étant d’avoir quand même conscience de ce qu’on regarde au-delà de son appréciation personnelle, et si je ne prends pas compte de cette qualité qu’on pourrait désigner « d’objective » ni dans mon enjoy ni dans ma notation sur MyAnimeList, elle est dans ma tête tout de même pour les moments où je vais en parler.

Parce que oui, j’ai beau avoir préféré Ao-chan can’t study à Neon Genesis Evangelion, je l’assume et je n’irais pas vendre le premier au détriment du deuxième, contrairement à ce que certains qui voudraient me rendre plus stupide que je ne le suis penseraient. Je pense que c’est cette clairvoyance au-delà de mon caractère d’électron libre, qui m’a permis de quand même me faire une place parmi des gens plus compliqués que moi. Maintenant, si j’ai mes goûts et mes dérives, je sais quand même faire la différence également, dans la catégorie des non-populaires, entre ce que je trouve sous-estimé et ce qui ne tient qu’à moi. Ce premier cas est la ligne directrice de ce que je veux accomplir sur « Les confins du monde » sur le long terme. Que ce soit Glass no Kamen (2005) avec ses pièces magistrales et le personnage incroyable de Maya, ou Diebuster qui est trop souvent mal comparé à son prédécesseur, car moins culte et innovant pour son époque que lui, ce sont des séries que j’ai trouvé très riche et qui aujourd’hui font partie de mes préférées et c’est pour ça que j’ai tenu à en parler. J’ai également fait un dossier entier sur le Reverse Harem, genre trop souvent moqué assez injustement et qui me tient à cœur. Tout cela, c’était également pour préparer la venue de mon dossier sur cette série, que je voulais réussir à tout prix quitte à le retarder.

(Qu'il est bon ce plan de l'opening 2)

Toji no Miko, c’est une série qui a pris une place assez importante dans ma vie de spectateur, car elle est la cristallisation de ce que je considère comme sous-estimé. Soyons clairs, aucune des séries dont je n’ai parlé jusqu’à aujourd’hui n’est parfaite, et si vous me direz qu’aucune ne l’est tout court, alors considérez que c’est encore moins le cas que d’habitude. Cependant, une série qui a ses faiblesses a tout de même des choses à offrir. C’est le cas de cette œuvre pour moi. Toji no Miko, c’est avant tout l’histoire d’un échec, ou d’un miracle, en tout cas d’une chose qui n’aurait pas dû exister. Un mélange bâtard entre une série avec une grande ambition et des moyens extrêmement pauvres pour mettre en scène toute cette ambition. Toji no Miko, c’est l’histoire d’un énorme décalage entre le fond et la forme. C’est l’histoire d’une œuvre qui avait tout pour réussir sur le papier, mais qui n’a pas eu la chance d’avoir la popularité de nombreuses séries beaucoup plus faibles scénaristiquement qu’elle pour lui apporter le staff nécessaire pour sa réussite. C’est tout simplement l’histoire d’une œuvre trop poussée pour son propre bien.

Cette série a vraiment l’ambition de créer quelque chose, d’aboutir à un résultat solide et conséquent, avec un univers très bien pensé, des personnages qui pour la plupart sont vraiment super dans ce qu’ils racontent et apportent sur l’œuvre en général, et quelques idées que je trouve excellentes pour ce qui est du scénario notamment le concept même de la deuxième partie. Toji no Miko ça a vraiment créé un monde complet et complexe, lançant une aventure à très grande échelle sur fond de complot et de lutte contre un pouvoir en place qui est en fait un usurpateur, faisant intervenir beaucoup de paramètres comme comment le pouvoir s’est installé, ses actions, ses dérives, les moments où certaines personnes ont compris le terrible secret, il y a des enjeux militaires, s’ils sont peu nombreux certains passages font comprendre comment les choses se passent politiquement dans l’univers, des enjeux biologiques (notamment avec une thématique de la drogue et de la mutation assez importante dans l’œuvre), des enjeux liés à la tradition et comment s’y oppose (en bien comme en mal) la modernité et les progrès technologiques, le rapport entre l’homme et le divin à travers leur relation avec les Aradamas (créatures divines que les héroïnes cherchent à éliminer), et bien sûr ce que sont les Aradamas, et comment tous ces parties s’entrechoquent pour créer une histoire qui en ajoutant les informations qu’on obtient de personnages secondaires sur le passé de l’univers, s’étend sur 20 années de développement. La série est très ambitieuse en apportant des nombreux parallèles entre les personnages, en travaillant son univers et les partis qui le composent au maximum (même parfois avec des mentions légères) des événements qui s’enchaînent très bien, et elle n’hésite pas à oser des choses. Le souci, c’est que comme dit au début, cette ambition ne correspond pas aux moyens utilisés. Animation approximative, bourrée de CGI, chara-design convenu et ambiance assez inexistante (alors que des fois il y avait vraiment des choses à faire).

Mais si c'est raté, dans quoi il nous embarque ?

Mais alors, pourquoi je parle de cette série autant en bien, si elle n’a pratiquement que des défauts sur la forme qui gâchent son potentiel ? Eh bien, j’ai beaucoup gagné mon estime et mon amour pour Toji no Miko pour ce qu’il représente dans l’idée qu’une série même avec des moyens faibles, ne peut pas se permettre de ne rien apporter, de ne rien créer de concret. Sans citer de nom, beaucoup de séries bien plus reconnues ne font pas l’effort de créer une telle richesse, un tel univers, une telle épopée, ou en tout cas n’arrive pas à reproduire le parcours que Toji no Miko fait vivre si on s’y investit en dépassant le préjugé derrière son synopsis et ses visuels. Je pense que quand un projet qui accompagne la sortie d’un jeu mobile est une série qui te surclasse niveau ambition, le problème ne vient pas de nul part. Pour moi ce qui fait d’elle un symbole, une œuvre que je veux défendre, une œuvre que j’ai défendu, au point d’en faire ma protégé, ce n’est pas tant car elle est remarquable scénaristiquement que car elle l’est alors qu’elle n’avait pas à l’être, et que ses congénères ne le sont pas alors qu’ils en avaient les moyens. La force de Toji no Miko est donc sa faiblesse paradoxalement. La série m’a touché par sa minutie, ses idées et son univers, là où rien ne nous permettait de penser qu’elle essayerait autant de créer quelque chose de puissant. Au fil de la série, je n’ai cessé d’être toujours plus surpris par son inventivité et ses objectifs, jusqu’à ce qu’au final, ce soit une des séries les plus hautes dans mon estime, au-delà de beaucoup de séries qui ont effectivement réussi et qui ont eu ce qu’elles méritaient, car tout leur réussissait.

C’est pourquoi, ces prochaines semaines, je vais rendre hommage à cette pépite de ces dernières années, une série d’articles correspondant à ses nombreuses facettes, pour parler de manière exhaustive de cette série que j’aime tant, cet enfant bâtard qui malgré son apparence rebutante, a su démontrer une intelligence qui ne m’a pas laissé indifférent. Je me moque que la série est imparfaite, et je suis au courant que je la surnote, que j’en fais trop. Mais je veux lui donner la gloire qu’elle aurait pu mériter, et si je peux, à travers mon investissement, créer quelques personnes en plus qui l’acceptent au moins comme une série ayant essayé, alors j’aurais accompli mon devoir. Alors d’avance, merci à ceux qui me liront, encore plus merci à ceux qui regarderont, et surtout merci à ceux qui sauront apprécier les aventures de Kanami et Hiyori à travers leur riche épopée.

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