Après des semaines à ne rien faire pour le projet à part continuer de réfléchir, je trouve enfin la motivation nécessaire pour écrire cet article qui se centrera sur les Aradamas, ces ennemis de l’humanité dans l’univers de Toji no Miko, et tout ce qui tourne autour d’eux. Pierres angulaires de l’œuvre, ils ont une influence à toutes les échelles et c’est pourquoi j’ai trouvé important de commencer avec eux avant d’attaquer tout le reste de l’univers et des personnages. Je ne vais pas épiloguer sur l’introduction, je me permets juste de rappeler que tout l’article est un spoiler ambulant, donc ne lisez pas à part si vous avez déjà vu ou si vous vous en foutez (ce serait dommage, mais comme vous voulez, vous vous connaissez mieux que moi !). Voilà voilà, entamons sans plus attendre.

Le Tamahagane et le Noro

Pour expliquer ce que sont les Aradamas, nous sommes obligés de passer par leurs origines, et pour ça, il faut introduire deux termes élémentaires. À l’origine, il existe un métal appelé le Tamahagane À l’origine, il existe un métal appelé le Tamahagane (qui existe en vrai, c’est une sorte de sable de fer utilisé traditionnellement par les forgerons japonais, mais là pour la fiction, il est différent), qui est un métal avec des propriétés divines, cette notion est abstraite, mais il a notamment des liens avec l’au-delà, un monde en dehors du temps et de l’espace qui est tout aussi abstrait., qui est un métal avec des propriétés divines, cette notion est abstraite mais il a notamment des liens avec l’au-delà, un monde en dehors du temps et de l’espace qui est tout aussi abstrait. En tout cas, pour pouvoir utiliser le Tamahagane pour créer des sabres et autres armes, il est important de le purifier, afin de pouvoir en tirer le meilleur. Lors de la purification du fer, les substances que l’ont extrait de lui sont ce qu’on appelle du Noro, c’est une substance molle et malléable, qui peut se manifester sous forme liquide, et qui possède également une part de divinité. Étant donné son statut divin, c’est une matière pratiquement impossible à détruire, il n’est donc pas possible de simplement se débarrasser de ce qu’on appelle en français la « souillure ». Le problème qui intervient dans la gestion de cette matière unique à l’univers de Toji no Miko, c’est le caractère vivant du Noro. 

En effet, le Noro est un être vivant en soi, mais avec une intelligence primaire et presque inexistante, ce qui n’est pas un danger à ce stade, néanmoins, il est possible pour cette matière de fusionner avec d’autres morceaux de cette même matière qui sont à proximité, afin de créer un amas plus grand, et plus la taille de la souillure est grande, plus l’être qui en naît est doué de conscience et ressemble à un être vivant. C’est ainsi que naissent les Aradamas. Pour résumer, le Noro est une matière inoffensive à l’état pur, mais qui devient un monstre, l’Aradama, une fois associé à plus de souillure, proportionnellement au taux rassemblé au même endroit. C’est donc un fonctionnement assez spécifique pour une matière, d’autant plus organique du coup, mais qui apporte des choses intéressantes grâce à cette caractéristique qui est approfondie tout le long de l’œuvre.

La gestion de la souillure et le culte

Étant donné le caractère dangereux de la souillure si l’on en stocke beaucoup au même endroit, une organisation spécifique s’est formé afin de gérer le Noro. Historiquement, c’est la famille Origami, chef spirituel de la Section des Sabres, département associé aux militaires et à l’État japonais, qui doit s’occuper de toutes les affaires qui tournent autour de ce sujet, de la politique de stockage à la formation des Mikos (les prêtresses), dont la tâche est double. Elle est évidemment, au fil de l’œuvre, principalement présentée comme étant de tuer les Aradamas qui deviennent fous et qui apparaissent un peu partout au Japon, et c’est bien l’un des objectifs de la Section des Sabres, néanmoins à l’origine, leur rôle était également d’honorer la Souillure en tant que divinité. En effet, traditionnellement, avant les événements qui pousseront la famille Origami à revoir sa politique, la gestion du Noro était basée sur un culte de la souillure dans des temples, avec les Mikos qui le purifiaient à nouveau deux fois par an afin de s’assurer qu’il ne devienne pas fou, avec la théorie que les vénérer comme les dieux qu’ils sont permet d’apaiser leur colère et les empêcher de devenir des Aradamas. 

La souillure est donc répartie un peu partout dans le Japon suite à son extraction, dans de très nombreux temples, et elle est placée dans des boîtes sur des autels, en petite quantité strictement dirigée par la famille Origami, qui empêche la moindre catastrophe de se produire. Cette politique qui a duré de très nombreuses décennies n’a jamais pu empêcher les Aradamas de naître, néanmoins, elle a permis de limiter les problèmes, ajoutée à la formation double des prêtresses, utilisant les seules armes capables d’affecter ces monstres, leurs sabres fait en Tamagahane (donc aussi une matière divine, qui peut donc abattre les dieux). Cette pratique a disparu suite à la Réforme, mais je ne parlerais pas de ça dans cet article, ça sera pour la partie 4, on peut cependant noter que dans l’ombre de la Section des Sabres, des factions opposées au nouveau système continuent de pratiquer les rituels de purification et de déification de la souillure, comme il est montré à la base de Mokusa (qui je rappelle est le groupe révisionniste principal de l’anime) dans l’épisode 9. 

La solitude

"« Mon premier ressenti était un sentiment de perte. La sensation d’avoir été arraché à une partie de soi et d’avoir perdu quelque chose de précieux. L’impulsion de le récupérer. Cela ressemblait à de la faim. Dès lors, mon objectif fut la vengeance. »

Tels furent les mots de Tagitsuhime à Origami il y a 20 ans, lors de la catastrophe de la baie de Sagami, en tout cas dans leur traduction française, et ils résument à eux seuls toute cette partie. Si les Aradamas sont des êtres destructeurs, c’est à cause de cela. Comme dit précédemment, le Noro est un être vivant, et né de sa séparation avec le Tamahagane lors de la purification de celui-ci. Quand de la souillure naît, son premier sentiment, c’est le fait d’avoir été séparé d’une partie de lui-même, ce qui est effectivement le cas. En conséquence, la première pensée, qui devient l’obsession et le mode de vie de cette matière, est la destruction et la volonté de retrouver ce qui est perdu, ce qui explique le chaos qu’elle sème. C’est une théorie qui est formée (sans qu’un Aradama lui explique) par le scientifique Richard Friedman, qui dit à Mai dans l’épisode 14 que la déification du Noro était un moyen de l’honorer et de le débarrasser de sa solitude, de lui permettre de vivre autrement, et qu’étudier ce rapport entre l’aradama et l’humain est un projet de recherche né d’une nouvelle compréhension de cette forme de vie et qui, à terme, peut changer la face des choses. Mais ainsi, la volonté destructrice des monstres de l’anime a une justification, la folie créée par les hommes qui les privent d’eux-mêmes ce qui les pousse à toujours vouloir récupérer plus afin d’espérer devenir plus « complets », et le gain d’intelligence gagné par l’amas de Noro les rend plus dangereux au fur et à mesure, jusqu’à provoquer, quand l’accumulation est assez forte, les Himes. 

Les Himes

Le Grand Aradama est né de l’opération visant à transporter du Noro sur un bateau afin de l’étudier pour créer des armes lors de la guerre avec des pays extérieurs. Ayant stocké pour l’occasion une quantité astronomique de Noro au même endroit, le voyage a dégénéré et une entité gigantesque et à l’intelligence divine (capable de pratiquement prédire l’avenir en analysant des milliers de possibilités en parallèle) a vu le jour. Son nom de code : Tagitsuhime. Ayant prédit sa défaite, la déesse véhémente marchande avec Yukari Origami, se cachant dans son corps en échange de la préservation de la vie de Kagari Juujou et Minato Fujiwara, qui se sont sacrifiées pour la sceller dans l’au-delà. Ainsi, pendant 20 ans, le grand Aradama s’est caché dans le corps de la chef de la Section des Sabres, préparant son retour pour cette fois viser une victoire totale : la destruction de l’humanité. Comme vous le savez si vous avez vu la série, suite à sa défaite dans l’épisode 12, elle s’est exilé dans l’au-delà avec son véritable corps, et est revenu sur Terre sous la forme de 3 entités aux idéaux différents. L’idée est qu’après 20 ans à observer les humains et cohabiter avec eux à l’intérieur de la chef de la Section des Sabres, des sentiments contradictoires se sont développés dans l’intelligence supérieure de Tagitsuhime et elle ne savait pas vraiment comment appréhender la suite de son existence. La décision prise par l’entité fut de diviser sa pensée en trois êtres de puissances égales et de les faire combattre à mort afin de savoir laquelle prendrait possession du véritable corps et pourrait accomplir son objectif ensuite. Cette guerre intestine entre les trois Aradamas divins est le cadre principal de la seconde partie de la série. Elles se divisent comme tel : 

– Tagitsuhime est la face majoritaire qui était présente dans les réflexions à l’origine. Elle symbolise l’Aradama primaire, celui voué à son désir de destruction et de vengeance envers les humains qui lui ont pris une partie de lui-même. Tagitsuhime est capable d’utiliser les humains (elle utilisera notamment les Mikos droguées pour distraire les gardes de la cachette de Takirihime, et la puissance politique de Yukina pour vaincre Ichikishimahime, la mettant en échec et mat avant même de la rencontrer) mais son objectif reste l’annihilation de la race humaine en fusionnant l’au-delà, la dimension divine hors du temps, avec la Terre, afin de créer une catastrophe sans précédent. Tagitsu est la plus unidimensionnelle des trois princesses, elle n’est qu’arrogance, destruction et haine, mais n’est pas impulsive et a appris à attendre que ses objectifs soient possibles à accomplir pour bouger. Elle n’est pas la plus intéressante à expliquer, cependant, j’aimerais revenir sur la toute fin de la série à son propos. On sait que les Aradamas sont animés par la colère, mais que ce sentiment vient lui-même d’un mal plus profond, plus fondamental, qui est la solitude. Elle ne fait pas exception à cet état de fait. On peut observer que lors de l’apparition du Grand Aradama 20 ans auparavant, il est dit qu’au moins une journée est passé avant que l’attaque de l’élite des Mikos dirigée par Yukari Origami soit mise en place et appliquée. On peut donc dire assez justement que la première attaque vient avant tout des humains.

Les hommes détestent les Aradamas et veulent leur mort tout autant que l’inverse, c’est ce manque de communication, cet ancien système, qui engendre la guerre et l’incompréhension entre les deux espèces, et qui les enferme encore plus dans leur solitude et leur impression d’être incomplets et de trop dans un monde qui ne veut pas d’eux et dont ils doivent se venger. Tagitsu est l’incarnation de ces sentiments, et c’est ce qui rend la fin encore plus forte puisque sa disparition n’est pas anodine. Minato, la mère de Kanami, après le départ de leurs filles qui retournent dans la réalité, lui demande si elle a envie de venir avec elles vers le monde des morts. Pour la première fois, Tagitsu affiche un sourire non pas d’orgueil ou de satisfaction d’avoir réussi quelque chose, mais un sourire sincère, simple, qu’on peut interpréter (ça ne dure qu’une seconde ou deux, « show don’t tell » comme on dit) comme une joie d’être acceptée, de ne pas être chassée et d’être dans une position qui lui permet juste d’être avec quelqu’un sans avoir à être dans un conflit quelconque. Pour résumer, elle est la haine qui cache la solitude, le mal qui cache le mal-être derrière une force destructrice, elle est un pur Aradama, ce qu’il faut changer, ce qu’il ne faut pas reproduire, et elle est ce pourquoi, le monde et la communication doivent évoluer.

– Takirihime est la face la plus proche des humains. Son objectif est d’asservir l’humanité et de lui servir de déesse, ce qu’elle est littéralement de toute façon. Incarnation de l’orgueil qui peut naître d’un être supérieur intellectuellement et à la nature divine, elle est la face de Tagitsuhime qui a vécu en tant que dirigeante des Origami à l’intérieur de Yukari. Elle ne souhaite pas détruire l’humanité, mais ne pense pas à la cohabitation qu’elle pense impossible, elle veut juste permettre aux hommes de vivre, mais sous ses directives, indiquant par ailleurs qu’au-delà de Tagitsu, « les hommes ne sont pas prêts pour les idées d’Ichikishimahime ». C’est, pour moi, la plus intéressante des déesses puisque celle qui évolue le plus au cours de la série, le souci étant que j’ai remarqué au rewatch que son développement ne prend qu’un seul épisode, et qu’il nécessite donc encore plus une remise en forme. Takirihime est donc la déesse véhémente qui souhaite la domination, mais cet objectif la rend également la plus propice à changer d’idéaux, ce qu’elle fait dans la série au contact d’un « personnage » dont on parlera plus tard, Nene. C’est elle, grâce à ses pouvoirs, qui nous montrera l’histoire de la famille Mashiko, une famille de Mikos qui est connue comme la seule ayant dompté un Aradama au cours de l’histoire.

Cette vision d’une possibilité qui passe de 0 à 1, le fait que ce soit possible et qu’un cas existe, va faire relativiser la princesse sur ses croyances et elle va accepter la proposition de Kanami de duel amical. Ce duel très court (qui aurait gagné à être plus long) est surtout symbolique et se rattache pour moi aux thématiques genre les matchs de boxe en œuvres de sport, style « On ne peut se comprendre que par les poings » (sauf qu’ici, ce sont les lames). C’est une caractéristique de Kanami, de parler par sa lame, qui se retrouve partout, par exemple lors du premier combat contre Sayaka ou contre Hiyori possédée par Ichikishimahime. Cette altercation amicale, ajoutée à l’existence de Nene, fera changer Takirihime qui combattra ensuite Tagitsuhime non pas en tant que future déesse des hommes, mais en tant qu’amie et protectrice de la future relation entre humains et aradamas, et elle mourra en confiant son nouveau rêve à Kanami qui l’a changée. Ce que j’aime le plus avec elle et son évolution, c’est la symbolique de son masque. Comme vu sur l’image du dessus, ses yeux sont cachés et elle ne regarde personne, elle est aveugle aux autres et ne pense pas qu’ils valent quelque chose. Lors de sa mort, son masque détruit, on voit pour la première et la dernière fois ses yeux lorsqu’elle regarde notre héroïne et lui parle à cœur ouvert. Elle regarde enfin les autres et cette considération par le regard devient la foi nécessaire pour changer, la preuve que son objectif est devenu l’égalité et non la supériorité.

– Ichikishimahime est la dernière des 3 entités nées de la séparation de Tagitsuhime. Dépressive et faible d’esprit, elle est cependant, au fond, la plus folle et excentrique des trois Himes. Comme dit précédemment, Takirihime considérait même que l’humanité n’était pas prête pour ses idéaux. L’objectif de cette princesse-ci est simple : fusionner les deux espèces. Pour rappel, au cours de la série, plusieurs personnages se font injecter du Noro afin de se renforcer, c’est le cas de la Garde Personnelle puis la Garde Royale. On peut même parler de Yomi, dont les modifications génétiques sont plus accentuées, lui permettant de contrôler le Noro et les Aradamas. Ces expériences biologiques, menées par Yukina Takatsu et Yuzuki Sagara, ont créé en Tagitsu la possibilité qu’il soit bénéfique pour tout le monde que les humains et les Aradamas fusionnent pour créer une race supérieure, et voudrait donc généraliser le traitement de Noro chez les hommes. Elle est complexée par le fait d’avoir été rejetée par ses autres facettes, et se plaint souvent de l’inutilité de son existence, cependant son objectif dérangé et malsain reste sa croyance la plus profonde dans ce qui est juste, alors même qu’il est prouvé que cette fusion n’est pas vraiment bénéfique à long terme. On remarque surtout qu’elle est très proche de Yukari Origami, qui la protège.

Le plus intéressant avec Ichikishimahime reste je pense, en plus de son côté dépressif qui cache une folie qui n’est pas souhaitable pour l’humanité, le fait qu’elle ait plus ou moins réussi son objectif en convainquant Hiyori Juujou de fusionner avec elle. Si Tagitsu est la destruction pure, Ichikishi est une destruction biologique à petit feu. Lors de la mort d’Ichikishimahime (et tout l’arc en général), on peut observer et interpréter ses paroles comme le fait qu’elle se sentait bien avec Origami et qu’elle aurait aimé rester avec elle, comme si son objectif était fondé sur la croyance que les Aradamas seraient plus heureux à l’intérieur des humains que chassés à l’extérieur. Cela est raccord avec son sentiment d’infériorité, basé sur sa croyance qu’elle ne mérite pas de vivre, elle dévalorise sa vie et celle des Aradamas et veut les reléguer à un endroit où ils seront plus utiles : en renforcement des hommes. Elle est la plus ambiguë des princesses, la plus tordue et torturée, et la plus profondément soucieuse des aradamas et de la raison de leur existence et leur survie. Probablement un des meilleurs personnages de la série sur le plan psychologique.

La famille Mashiko et Nene : Une passerelle

Comme évoqué quand je parlais de Takirihime, il existe dans l’univers de Toji no Miko un cas d’Aradama domestiqué, qui est la mascotte nommée Nene. Pas très intéressant en lui-même, son cas est pourtant quelque chose de primordial dans l’intrigue et dans ce que veut faire passer l’œuvre. Nene est un personnage qui est mis en avant dans 3 épisodes différents, qui mis ensemble cristallisent pourquoi il existe et pourquoi son existence est un symbole de paix et de communication dans un monde en guerre entre les Mikos et les Aradamas. 

L’épisode 5 met en avant sa relation avec Kaoru, sa maîtresse et l’héritière des Mashiko, la famille qui s’occupe de Nene depuis des centaines d’années. On peut notamment voir une scène intéressante où Kaoru enfant repousse la créature, lui disant avec une innocence blessante que les Mikos existent pour tuer les êtres comme lui et qu’il ferait mieux de ne pas rester près d’elle. Ensuite scène classique où Nene la sauve et les deux commencent à se rapprocher, puis la force de leur lien leur permet d’éliminer Yomi, qui elle se sert des Aradamas comme d’une arme (opposition thématique, tout ça tout ça). La fraternité entre les deux espèces et donc montrée dans cet épisode. 

Cet enseignement que Kaoru a appris, elle l’enseigne à Sayaka dans l’épisode 15 : les Aradamas ne sont pas forcément à éliminer, la cohabitation est possible, et elle doit se servir de sa tête avant de se servir de sa lame. Ici, c’est Sayaka qui évolue avec Nene, dans son parcours pour se détacher de son statut d’arme servile de Yukina pour devenir plus humaine, plus indépendante. Des scènes anecdotiques comme Sayaka qui s’entraîne avec l’aradama le soir, est forte de ce rapport amical qui se crée, permettant de replacer encore une fois les bases : la cohabitation est possible. 

Enfin, l’épisode 18 montre l’histoire de la famille Mashiko. Né comme les autres Aradamas, à cause de l’inconscience des hommes, il se déchaîne et est vaincu par l’ancêtre de Kaoru, qui décide pour une raison inconnue de l’épargner et lui propose de revenir plus tard l’affronter une nouvelle fois. Au fil des décennies et des siècles, et de ses affrontements amicaux avec les Mashiko qui lui ont fait surmonter sa solitude, il est devenu inoffensif et vit avec eux, devenant comme l’animal de compagnie des héritières du nom et des pouvoirs de Mikos. 

Nene est la preuve dans l’œuvre, et c’est un accent mis à plusieurs reprises dans un ensemble thématique cohérent et varié, que la solitude des Aradamas peut être surmontée et que créer un lien est possible. C’est cette piste qu’explorera Richard Friedman dans l’épisode 14 avec ses enfants en créant le bureau d’étude des Aradamas, financé par le père de Mai, et dans l’épilogue en faisant une conférence sur le sujet. Le monde, suite aux répercussions de la catastrophe de la baie de Sagami et aux péripéties de la série, commence à évoluer et à prendre conscience de pourquoi les Aradamas sont des êtres destructeurs, conscients de leur responsabilité dans le processus. Autrefois vus comme des ennemis, des personnes, à la fois des scientifiques adultes et la nouvelle génération, commencent à les voir comme des êtres à sauver, à libérer de leurs malheurs, et avec qui il faut communiquer pour espérer ne plus répéter les mêmes erreurs. 

Toji no Miko, à travers les Aradamas, allégorise plus ou moins l’aliénation, le manque de communication et de compréhension de l’autre, la différence et la perpétuation de traditions qui enferment les hommes et d’autres êtres vivants dans des conflits incessants. Le fait de les déifier est une solution apaisante vers laquelle on peut revenir, mais l’humanité ne se contente plus de cela, une vraie relation est envisagée maintenant, et pas juste une mise à l’écart. Se libérer des préjugés (ce qu’ont fait les Mashiko), comprendre les sentiments de l’autre, accepter les erreurs, et repartir sur de nouvelles bases lentement, mais sûrement en réformant un système politique et de pensée vieux de plusieurs siècles, en ne passant pas par le renversement stupide de la situation (Takirihime), la disparition d’un des partis (Ichikishimahime) ou simplement la guerre (Tagitsuhime), mais par des valeurs de partage, de dialogue, et d’amitié. En créant son propre univers, la licence crée assez subtilement un monde aux erreurs similaires à la réalité, l’ignorance et les répercussions de nos actes sur le long terme étant au centre d’un conflit moral et d’un cycle de vengeance et de haine qu’il faut changer. 

Message classique, mais fort et traité avec justesse et sous plusieurs angles. Voilà une des nombreuses raisons pour laquelle Toji no Miko est pour moi une excellente série sur le fond. 

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