Bonjour à vous pour l’article du jour. Aujourd’hui, nous parlerons de ClariS, un duo d’idoles japonaises renommé dans l’univers otaku, dont vous avez peut-être entendu parler, ou dont une des chansons vous évoquera un certain souvenir.

En effet, si j’en parle à présent, c’est que ce sont des chanteuses d’exception (mode /fanboy activé). Le terme « féérique » n’est pas là pour faire joli. Il sert véritablement à définir le vague sentiment que tout le groupe inspire au travers de ses multiples titres, qui ont rythmé de magie toute une décennie.

Pour faire court, je guiderai votre découverte ou redécouverte du groupe par un chemin à cinq étapes. Nous écouterons quelques anisongs classiques que nous devons à ClariS, puis nous nous intéresserons à qui sont ces chanteuses masquées. Nous aborderons ensuite la question de l’identité artistique du groupe, du point de vue visuel comme sonore.

Et enfin, vous assisterez à un moment historique dans la vie du groupe, peut-être même légendaire — mais je n’en dis pas plus !

Leurs chansons les plus connues

Connect, que tous ceux qui ont vu Madoka reconnaîtront d’instinct. C’est le deuxième single du groupe, qui inaugure un anime de l’hiver 2011.

La version la plus vue sur YouTube concernant le groupe a accumulé en 4 ans un total de 11 millions de vues. Il est peut-être plus parlant d’évoquer ce nombre pour dire que l’engouement que suscite ClariS est loin d’avoir été éphémère.

On peut aussi citer un autre nombre, celui de 100 000 copies expédiées en 1 an, selon l’Association de l’industrie du disque du Japon (Nippon Rekôdo Kyôkai). En effet, cette dernière a accordé son prix d’or à la piste de J-Pop en janvier 2012.

Si les nombres ne vous disent rien, ce témoignage personnel sera peut-être plus efficace : j’ai re-regardé Madoka Magica il y a quelques temps, et dès que j’ai entendu cet opening, des larmes me sont venues.

Je suis de l’avis que faire rire est beaucoup plus facile que de faire pleurer. Alors pour m’avoir fait pleurer aussi vite, ça veut dire beaucoup du sens que peut gagner une chanson grâce à une histoire touchante, que seuls ceux qui ont vu l’anime peuvent comprendre.

La deuxième vidéo la plus vue sur YouTube quand on cherche « ClariS », c’est une version entière de l’opening d’Eromanga-sensei (printemps 2017), animation par A-1 Pictures comprise (ceux qui ont fait le film Haifuri, ne commencerait-il pas à y avoir un motif ?). Elle cumule pour sa part 3,3 millions de vues.

Hitorigoto (qu’on peut traduire par Monologue), qui dans le contexte évoque certainement les sentiments qu’éprouve Sagiri à l’égard de son frère, Masamune. C’est une tsundere, donc être dans ses pensées est le seul moyen d’obtenir d’elle une honnêteté pure. « Kimi no koto da yo, demo sono saki wa iwanai kedo ne… », qu’on peut traduire par : « C’est de toi qu’il s’agit, mais je ne t’en dirai pas plus… ».

Irony, qui a su culminer à la 7ème place du classement musical hebdomadaire Oricon, est l’opening qui introduit à l’univers d’Oreimo (automne 2010), une comédie romantique à la fin quelque peu controversée.

En tout cas, la chanson a réussi à atteindre 2 millions de vues sur YouTube, ce qui n’est pas rien pour le tout premier single du groupe !

Mais qui sont les membres de ClariS ?

Maintenant que vos oreilles sont un peu plus satisfaites, il est l’heure d’aborder un côté un peu plus terre à terre et moins artistique du groupe en lui-même. ClariS est un duo d’idoles qui s’est formé en 2009. D’où vient le nom ? De deux amies et collégiennes, Clara et Alice.

On peut diviser la vie de ClariS en deux périodes : de 2009 à 2014, quand Alice est encore membre du groupe, puis de 2014 à maintenant, avec une nouvelle membre remplaçant Alice, Karen.

Clara, d’abord représentée par des illustrateurs comme portant des objets rose pastel et des cheveux ondulés sans franges — afin d’éviter la surmédiatisation durant sa jeunesse —, a comme Alice commencé à chanter à la maternelle, suivant des cours dans la même école de musique que cette dernière. Le croissant de lune est son symbole, et elle est depuis sa jeunesse une otaku s’intéressant aux musiques d’anime.

Alice, elle, est illustrée par des objets bleus, par des cheveux lisses avec une frange. Se définissant à l’opposé de Clara, son symbole sera alors le soleil. Elle aussi une otaku, Disney l’a marquée dès sa jeunesse, ce qui se ressent peut-être dans l’identité visuelle des performances du groupe. Vers la fin 2014, elle quitte ClariS pour plus se consacrer à ses études.

Karen, remplaçant Alice aux côtés de Clara depuis 2015, est décrite par Clara comme « innocente et énergique ». Quand elle est dessinée, c’est le vert pastel et les étoiles qui la représentent. Karen était également l’amie de Clara, ayant été membre de la même école de musique.

Identité visuelle

Cette illustration témoigne assez bien de l’identité visuelle que ClariS est parvenu à se forger au fil des ans. Les couleurs, d’une palette à dominante pastel, parviennent à calmer comme à évoquer la curiosité : c’est le début de l’émerveillement.

D’ailleurs, dans une des interviews qui précèdent, les animateurs disaient à Clara et à Karen que les rencontrer avec leurs masques avait un sentiment surréaliste. Et bien c’est vrai là aussi.

Mais, si l’on outrepasse l’exposition de l’image qui nous pousse à regarder les deux filles nous souriant dans les yeux, la qualité des détailles nous immerge dans un univers fantastique. La fille de gauche, probablement Clara, tient une plume à la main : c’est sans doute le signe qu’elle va écrire un conte.

Si on regarde autour des deux filles, on peut voir parmi la somme d’objets hétéroclites les entourant un coffre, une plume, une clé au bout étoilé, un miroir, une lune, une étoile, un livre, un masque, une carte, une couronne, des cristaux… Tout cela peut se lire comme une grande référence aux contes de fée. On peut aussi y voir Disney, et le reste de la passion d’Alice même six ans après son départ du groupe.

Plus haut, j’ai renvoyé vers des performances du duo, que ce soit en concert ou pour un clip. Et bien l’on peut considérer que la décision de jouer avec des masques ou en cachant leurs identités résonne avec le bal masqué, un élément qui n’est pas étranger à l’ambiance féérique. De plus, les costumes qu’elles utilisent, des robes blanches, renvoient vers cet univers pur et fantaisiste.

 

Univers sonore

 

Pour comprendre un peu plus le style musical du groupe, et les procédés musicaux qui confèrent une texture unique à ClariS, nous analyserons deux des œuvres citées plus haut : Irony, puis Hitorigoto. Entre l’automne 2010 et le printemps 2017, il y a eu assez de temps pour une sacré évolution.

Mais on peut aussi rappeler le lien symbolique qu’entretiennent les deux pistes : le premier single de ClariS était l’opening d’Oreimo, Hitorigoto est l’opening d’Eromanga-sensei, un anime se déroulant dans le même univers et à la dynamique relationnelle romantique assez ressemblante, tous deux du même auteur de romans.
Il y a d’abord une similarité dans les paroles : les deux chansons évoquent les sentiments amoureux cachés des protagonistes respectifs, Kirino et Sagiri. Mais on peut aussi évoquer une différence fondamentale : tandis que Kirino garde ses mots pour elle, on a l’impression que Sagiri cherche à former puis à transmettre ses paroles. Notamment avec « Kimi no koto hontou wa zutto… Ah! », qu’on peut traduire par : « En vrai, je t’ai toujours… Ah! ».

Le style musical de Irony est la synthpop, c’est-à-dire que l’instrumentation utilise surtout les synthétiseurs. Ce style, populaire dans le Japon des années 1980, était assez calme et donnait la bonne humeur. Et Irony hérite clairement de ces racines, avec un rythme de 134 battements par minute, des kicks et des claps enchaînés, un clavier joué à un octave assez tiède, les voix restant à une hauteur modérée…
Quant à Hitorigoto, qui bénéficie d’environ sept ans d’expérience acquise par les chanteuses, on peut déjà dire de ce titre qu’il est plus dynamique : le tempo est de 165 battements par minute, des percussions annoncent le début de la piste. Ce qui ressemble à une trompette sonne dans le paysage sonore, mais comme domptée par une basse. On s’éloigne donc du synthpop pour arriver sur de la pop plus analogique. Structurellement, il ne semble pas y avoir de grande différence avec la première chanson, mais le dynamisme continu de Hitorigoto singularise la chanson comme plus urgente.

 

Personne ne se souciait de qui j’étais, avant que je mette ce masque !

 

Pour fêter les dix ans du groupe, les chanteuses de ClariS ont su comment récompenser la fidélité des fans avec brio. En effet, cela ne fait peut-être ni chaud ni frois, couché en toutes lettres, comme ça. Mais ClariS, ça a été dix ans de mystère, dix ans de merveille, de joie, d’exception, d’idéal d’évasion.
Et pour les dix ans, Clara et Karen ont accepté de se démasquer ! Bon… Dans une interview, les deux ont dit qu’en concert elles enlevaient parfois leurs masques. Mais pour moi, aujourd’hui est la première fois que je découvre leurs vrais visages ! Et ça, je trouve que ça claque, comme dixième anniversaire.

 

Image de fond : https://vistapointe.net/image-post/11161-claris-wallpaper-13.jpg.html.
Historique musical de ClariS : https://www.youtube.com/watch?v=PVOO2Mjirtk.
Connect : https://www.youtube.com/watch?v=BG8WoaHP91Q.
Hitorigoto : https://www.youtube.com/watch?v=XkcBM87wZzs.
Irony : https://www.youtube.com/watch?v=GdLOHf2AaB0.
Interviews : https://www.youtube.com/watch?v=qf8qnoubaeE & https://www.youtube.com/watch?v=7PF7mSL2n7E.
Identité visuelle : https://www.nautiljon.com/images/galerie/13/27/claris_j-pop_1078672.jpg.

Révélation des visages : https://www.youtube.com/watch?v=TkV4S_Zikh8.

 
 
 
 
 
 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
29 − 25 =