Notation :
8.5/10

Titre : Chihayafuru

Type : Animé (Série TV)/Manga

Réalisateur : Asaka Morio (Ningen Shikkaku, Nana, Cardcaptor Sakura, Gunslinger Girls)

Mots clés : Drame, Jeu, Josei, School, Slice of Life, Sports

Studio : Madhouse

Source: Be-Love

Auteur : Suetsugu Yuki

Saison : Automne 2011 – Hiver 2013 – Automne 2019, 3x 2-cour

Synopsis : Le karuta, à la limite entre le jeu et le sport, est une activité traditionnelle japonaise se basant sur le « Ogura Hyakunin Isshu« , un recueil de 100 poèmes classiques, datant du 13ème siècle (bien que de nombreux poèmes soient plus vieux). Le jeu contenant 100 cartes au total, chaque joueur en étale devant lui 25 (50 sont donc non utilisées). Que trouve-t-on sur ces cartes ? Les 100 poèmes. Un lecteur les lit un à un, et chaque joueur doit toucher toute carte lue présente sur le terrain. Le premier des deux qui en gagne 25 remporte la partie. Alliant rapidité, mémorisation, concentration et écoute attentive, une scène compétitive s’est développée. Même au Japon, cela reste un sport très peu pratiqué.
Cela nous mène donc à Chihayafuru.

Chihaya Ayase, enfant d’une dizaine d’années, voit arriver dans sa classe un nouvel élève : Wataya Arata. Renfermé sur lui-même, il est victime de quelques brimades, et s’ouvre peu aux autres. Alors qu’elle tente de sympathiser avec lui, elle se rend compte qu’il est un prodige du karuta : il récupère toutes les cartes avec une vitesse fulgurante, sans se tromper. Chihaya, qui a toujours vécu dans l’ombre de sa sœur (destinée au mannequinat), se prend de passion pour le jeu. La voyant, son ami Mashima Taichi, premier de sa classe, bon en sport, qui a tout du leader, décide de commencer à jouer à son tour. Et les trois forment vite une équipe. Cependant, ils se retrouvent séparés au collège, allant tous dans des établissements différents.
À la rentrée du lycée, Chihaya a continué de jouer, et est en passe de devenir une joueuse de classe A, traduisant son grand investissement. Elle recroise Taichi, qui se trouve dans le même établissement qu’elle, mais qui à lui complètement arrêté. Et alors qu’elle recherche à reprendre contact avec Arata, il se trouve qu’il a lui aussi, arrêté de jouer, en dépit de ses grandes capacités.
On suivra essentiellement le parcours des trois amis, via le prisme de leur passion, présente ou perdue, pour le karuta.

Pourquoi le voir : Avis sûrement plus personnel que ceux que j’ai pu écrire précédemment, je tenais tout de même à parler de Chihayafuru, réelle perle qui m’aura ému et passionné comme je ne l’avais pas été depuis un certain temps. À bien y réfléchir, je pense que la réelle force de Chihayafuru, est qu’il fait tout très bien, extrêmement bien même. Ça ne me paraît pas être une oeuvre révolutionnaire, expérimentale, profonde, culte, ou avec un procédé exagérément maîtrisé comme le suspens dans kaiji. Mais plutôt une œuvre solide partout, qui gère aussi bien le suspens lors des matchs, que des personnages émouvants, intéressants, et vivants. Sans oublier qu’il y a un grand soin apporté à la production de l’animé, que j’essayerai de détailler. Les personnages d’une part, sont probablement ce qui m’a le plus plu. J’ai toujours été assez sensible à un bon cast, et j’ai été servi.

Taichi Mashima, je commencerai par lui parce qu’il est celui que j’ai le plus apprécié. Il est très talentueux en cours (très régulièrement premier de son année, sans fournir une quantité énorme de travail), est très sociable, beau, il a par exemple une petite amie à son entrée au lycée. De plus, il vient d’une famille riche, contenant plusieurs médecins, symboles de réussite sociale, même au Japon. Et cette famille, en particulier sa mère, a une mentalité assez forte, souhaitant que son fils ne se consacre qu’à ce à quoi il est bon. Elle préfère qu’il soit « le plus gros poisson d’un petit étang, qu’un poisson moyen dans l’océan ». Elle en est donc très satisfaite, au vu de ses résultats scolaires.
Tout le tragique du personnage réside dans son amour pour Chihaya (affiché clairement dès l’épisode 1), et dans la passion qu’à cette dernière pour le karuta, une activité où il n’est pas spécialement mauvais.. mais où il est loin d’être doué. D’autant plus que cette dernière s’est prise de passion pour cette activité à cause de Wataya Arata, réel prodige. Luttant pour passer en classe A (niveau témoignant de très bonnes capacités, tous les joueurs de hauts niveaux sont classe A), luttant pour essayer de surpasser Arata, luttant pour essayer d’être vu par Chihaya, ce personnage est tragique. Il n’est néanmoins pas parfait. Il est notamment assez lâche, et a finalement peu confiance en lui, ce qui le rend, en tant que personnage, très attachant et appréciable.
Taichi Mashima participe grandement à me faire apprécier Chihayafuru, car il est celui qui m’aura le plus ému, celui qui m’aura fait le plus m’investir émotionnellement. Personnage que je trouve le plus intéressant du cast, je me devais de le présenter en bonne et due forme. 

Chihaya Ayase est le personnage principal : c’est essentiellement elle que l’on suivra. En dépit de sa très jolie apparence (partagée par sa sœur, qui se destine à travailler dans le mannequinat), elle est assez garçon manqué. Toujours dans l’ombre de sa sœur, elle ne bénéficie pas nécessairement d’une grande reconnaissance. Elle fut bouleversée par Wataya Arata, enfant, quand ce dernier lui révéla qu’elle avait du talent pour le karuta. En particulier, elle a une très bonne oreille. La scène compétitive étant strictement japonaise, être le meilleur du pays signifie être le meilleur du monde, et grandement influencée par cette vision, elle se donnera à fond pour réaliser son but. Ayant tendance à être trop absorbée dans le karuta, elle a tendance à ménager sa scolarité, ainsi que ses relations sociales. Elle fait tout de même des efforts pour ce dernier point, ayant conscience de ce défaut. Similairement à Taichi, on suit ici un personnage imparfait, qui a plus ou moins conscience de ses défauts, et qui cherche à s’améliorer, ce qui la rend très attachante.

Wataya Arata : réel prodige du karuta, il est celui qui introduira au jeu les deux autres protagonistes. Il a cependant totalement quitté au début de l’histoire. Je ne rentrerai pas dans les détails de ses raisons, vous l’apprendrez en temps et en heure en regardant. Arata est un personnage qui, à l’inverse de Taichi, n’a rien d’autre que le karuta. Et l’opposition entre les deux est en réalité partout : l’un est droit et honnête, l’autre est un lâche. L’un voit l’autre comme un ami, le second le voit comme un rival. L’un n’est doué qu’au karuta, l’autre est doué partout sauf au karuta. Wataya est relativement en retrait au début de la série à cause de son éloignement géographique par rapport aux deux autres personnages, mais ses apparitions sont de plus en plus fréquentes à mesure que l’œuvre avance : il reste l’un des personnages principaux.

Wakamiya Shinobu, la Queen

Et j’aurais encore tant à dire sur les personnages : que ce soit Wakamiya Shinobu, l’actuelle Queen (= joueuse féminine la plus forte), et aussi plus jeune queen de l’histoire. Suou Hisahi, l’actuel Meijin (= meilleur joueur masculin), aussi excentrique qu’intriguant, attachant et intéressant.

Suou, le meijin

Mais aussi Ooe Kanade, amie de Chihaya et de Mashima, passionnée par les traditions qui trouvera un intérêt avant tout dans le côté culturel du jeu. Komano Tsutomu, acharné du travail, qui en dépit de tous ses efforts, n’arrive pas à battre Mashima en cours (le mettant cette fois-ci à la place d’Arata). Et il y aurait encore tant à dire sur tant de personnages… Ils sont tous merveilleusement bien travaillés et traités, attachants et bouleversants. Leur vision du jeu, leurs relations, tout ce qui entoure le cast est un absolu point fort de Chihayafuru.

Les matchs : Chihayafuru n’a rien a envié aux plus grands animés de sport : les matchs ont une tension qui est extrêmement bien gérée, principalement grâce aux musiques, non-invasives, mais diablement efficaces, et grâce à la mise en scène. La vitesse des joueurs est très bien retranscrite, les voix des lecteurs le sont aussi. L’animé fluctue constamment entre une baisse de rythme et une accélération soudaine, comme les joueurs en réalité (passifs durant la fin de la lecture du poème, mais très vifs dès que le suivant arrive). L’immersion est totale, et on ne demande qu’une chose : en voir plus. Le fait que certains matchs se finissent à la « luck of the draw » (chaque joueur pouvant prendre certaines cartes très facilement car proches d’eux : le gagnant est celui qui a sa carte lue), peut paraître facile scénaristiquement parlant (l’auteur décide sans soucis du gagnant), mais est très bien traité aussi, cristallisant souvent les efforts d’heures d’entraînement, sur une dernière lecture pouvant être aussi réjouissante que destructrice.
En bref, les matchs déchirent et dépotent, et n’ont rien à envier à l’intensité de ceux de Major, Ippo, ou Haikyuu.

L’attention au détail : J’en ai déjà un petit peu parlé dans le paragraphe précédemment, concernant la voix des lecteurs, ou les osts. Mais Chihayafuru est aussi allé plus loin. Le jeu étant national, nombreux sont les joueurs qui ne viennent pas du Kanto (région de Tokyo), et qui ont donc un accent plus marqué. Nombreux sont donc les personnages à venir d’autres régions, comme le Kansai (celle d’Osaka, de Kyoto), dans le manga. L’adaptation animée leur a fourni des doubleurs respectant cette caractéristique, en allant chercher des comédiens tels que Nakamichi Mihoko pour le rôle de Wakamiya Shinobu (la Queen), qui n’a eu comme rôle principal que ce personnage dans l’industrie de l’animation.

Prix et impact : je ne m’étendrai pas ici puisque je n’ai pas grand chose à faire à part compiler des informations.
Chihayafuru (manga), a remporté le prix manga Taisho lors de sa première participation en 2009 (en battant notamment Space brothers et 3-gatsu no Lion), et est nommé pour le prix culturel Osamu Tezuka en 2016 (même s’il n’a pas gagné cette fois).
Le manga, et par extension l’animé, ont aussi permis de faire renaître un peu la scène compétitive de Karuta au Japon, amenant de nombreux nouveaux joueurs, et étendant ce sport à l’international. Il a été cité par les commentateurs lors du match de 2020 pour le titre Meijin (meilleur joueur masculin) et de Queen notamment.
L’animé comptabilise un total de 75 épisodes répartis sur 3 saisons et un OVA, et adapte environ 140 chapitres sur les 230 du manga actuellement paru.
Je précise un « environ 140 », car le dernier épisode de la saison 3 fait un peu n’importe quoi niveau adaptation, se baladant de chapitre en chapitre comme il veut, juste pour finir sur un passage voulu, quitte à couper l’équivalent d’un ou deux épisodes. Si vous voulez reprendre le manga sans tout relire, reprenez au chapitre 135.
Le manga est également publié en français par Pika, sous le nom « Chihayafuru ».

Conclusion : Je résumerai en disant que Chihayafuru ne fait rien de révolutionnaire, mais fait tout extrêmement bien. Les personnages sont inspirants et riches, les matchs sont pleins de tensions, il fait découvrir une partie de la culture japonaise de manière très intéressante, et m’aura touché comme je ne l’avais pas été depuis longtemps, à un tel point que j’avais envie d’en parler même si je n’avais pas forcément plus à dire que « C‘est trop bien !! » .
Alors voilà, si je devais résumer, je dirais juste que Chihayafuru, « C’est trop bien !! » . 

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