Notation :
9/10

Titre : Puparia

Type : Animé (Short)

Mots clés : Expérimental

Studio : Travail indépendant de
Shingo Tamagawa

Source : Original

Durée : 3 minutes

Année de sortie : 2020

L'œuvre

Il est impossible de faire un synopsis de Puparia. Anime sans dialogues, sans histoire et extrêmement court, nous sommes mis face à 4 scènes qui s’enchaînent sans aucune réelle transition, visiblement sans aucun lien direct. Une fille assise, qui se lève et qui part. Un homme fixant un couloir, approché par une silhouette menaçante. Une fille sur fond psychédélique, tendant le doigt vers quelque chose. Un personnage indéfini face au peuple et face à un paysage évoquant l’immensité du monde. Tout ça sur fond d’une musique de Steve Reich, emblème d’un courant musical basé sur le minimalisme et la répétitivité. Tel est Puparia. Une expérience sensorielle. Les décors sont plus proches de la peinture que de l’animation, très détaillés et faisant eux-mêmes vivre l’émotion du spectateur, à travers leur immensité, leur naturel, mais aussi leur surréalisme, évoquant le gêne, l’incompréhensible, le surhumain, le monde dans son entièreté. Par son absence d’idée, Puparia nous perd dans son absurde, dans son univers visuel évoquant avant tout la sensation d’être mis face à quelque chose qui nous dépasse. Personnellement, c’est comme ça que je vis Puparia, même en le retravaillant. La sensation de perte, un grand naturel amenant un monde qu’eux comprennent, mais nous non. 

Le regard

La notion de regard est assez importante dans ces visuels. Tous les personnages ont un moment centré sur leurs yeux, évoquant surtout le vide, la froideur, l’absence d’émotions, de but, ou la sensation de ne pas comprendre le sens de leur regard. Le monde dans lequel ils vivent leur appartient, le short vit dans son altérité, dans son monde psychédélique, si particulier, mais si beau. S’il est difficile à analyser, c’est le facteur récurrent du film. Se perdre dans le regard des personnages, dans leur immensité, leur expression si vide, mais si vive, si intense. C’est là la puissance des visuels de Puparia

Le mot de la fin

Faites cette vidéo. Vivez-la, au moins une fois. Peut-être deux, ou trois, ou quatre. Perdez-vous dans ce néant si immense, ces personnages vides, mais si expressifs, dans cette expérience sensorielle qui vous amènera ailleurs. Entre un Tenshi no Tamago, un film de Satoshi Kon et le côté pictural expérimental proche de la peinture d’un Kanashimi no Belladonna (c’était ma pensée au premier visionnage, surtout sur les décors des deux filles), Puparia est une expérience à vivre qui repoussera les limites de la raison. Première œuvre personnelle de son réalisateur, Shingo Tamagawa, qui a surtout travaillé avec d’autres en tant qu’animateur, il est aujourd’hui à surveiller et peut-être un message de renouveau pour l’animation japonaise, un retour vers la richesse esthétique et environnementale, vers la dureté, mais l’évocateur de ces œuvres qui se sont perdues. Un tour de force qui marquera l’année 2020. Soutenez son réalisateur/animateur, car c’est un nom à suivre.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
6 ⁄ 3 =