Notation :
10/10

Titre : Texhnolyze

Type : Animé (Série TV)

Staff : L’équipe de Serial Experiments Lain et plus particulièrement Ueda Yasuyuki, Konaka Chiaki et Abe, Yoshitoshi

Mots clés : Action, Science-Fiction, Psychologique, Drame

Studio : Madhouse (doit-on vraiment présenter Madhouse ? Death Note, One Punch Man, Redline, Monster, Perfect Blue, et tant d’autres)

Source: Original

Saison : Printemps & Été 2003

Synopsis :
Lux est une ville souterraine, dans laquelle 4 groupes coexistent. L’Organo, l’Union, le Rakkan et le village de Gabe. Le but initial des habitants de cette ville est d’extraire la raffia, produit organique servant à la « texhnolyzation ». Les texhnolyzes sont des prothèses métalliques greffables, permettant non pas de retrouver 100% mais plutôt 120% de ses capacités. Tout débute quand Ichise, un boxeur, se retrouve à avoir des ennuis avec l’Organo, le groupe le plus puissant de la ville. En même temps Yoshii Kazuho arrive dans la ville de Lux. Il est rarissime qu’un homme du « paradis » qu’est la surface vienne s’aventurer dans cet « enfer » souterrain, pauvre, en pleine guerre de clan qu’est Lux. Ce dernier fait la rencontre de Ran, une jeune fille qui semble pouvoir voir l’avenir proche. Quel est le but de Yoshii, et quel impact aura ce dernier sur la ville de Lux ?

Ran, personnage de Texhnolyze

Pourquoi le voir ? :
Il est terriblement difficile de résumer toutes les raisons qui pourraient pousser à regarder Texhnolyze tellement il y en a.

Une œuvre à la hauteur de ce à quoi on pouvait s’attendre :

Avant tout, la réalisation. Ceux ayant déjà vu Serial Experiments Lain sauront probablement déjà à quoi s’attendre. Je ne saurais en résumer tout le génie dans une simple présentation de l’animé, mais que ce soient les jeux de lumières et de couleurs, les durées des plans, la façon que la série a de nous faire ressentir la douleur des personnages. Tout est maîtrisé d’une façon assez impressionnante. Mais bien plus que ça encore : la série nous parle sans dialogue. Le premier épisode nous raconte toute une histoire presque sans aucune parole, et le peu qu’il y a ne font que très peu avancer l’intrigue. Bien plus qu’une « bonne réalisation », c’est probablement l’une des meilleures que j’ai pu voir. Quand chaque seconde est réfléchie, et que l’œuvre communique avec le spectateur en continu sans user de langage, je pense qu’on peut dire que la réalisation est suffisante. À cela s’ajoute un chara design par Yoshitoshi Abe que je ne peux éviter de mentionner. L’apparence de chaque personnage a été murement réfléchi pour correspondre le plus possible à ce que les auteurs voulaient en faire, ils sont tous reconnaissables et identifiables sans avoir besoin de se parer de mille attraits. Enfin pour finir sur la forme, les OSTs sont plutôt peu conventionnelles et pourtant si bonnes, et les doublages ! Bien que peu présent dans les premiers épisodes, tous les personnages sont très authentiques. Il est d’ailleurs notable que la majorité des doubleurs ont très peu sinon aucun autre rôle. On pourrait penser à première vue que cela témoigne du caractère amateur des doublages… mais que nenni ! Ils ont tous la voix parfaite pour le rôle qu’ils jouent, et ça marche ! Rien que pour sa forme Texhnolyze est déjà une pépite. On peut clairement ressentir que l’équipe de production ne s’est pas soucié que des grandes lignes ; tous les détails sont finement maîtrisés.

Oonishi Keigo, personnage de Texhnolyze

Clefs de compréhension :

Avec un tel souci du détail concernant la forme il parait évident que le fond est lui aussi tout aussi réfléchi. Trouvant de nombreuses inspirations du côté de la culture étrangère, principalement européenne (allemande) et américaine, Texhnolyze ne manquera pas de vous faire réfléchir, et peut être même de vous donner un intérêt pour la philosophie ! Traitant du nihilisme, de l’aliénation matérialiste, du sens (ou du but) de la vie, de l’imposture religieuse, du mensonge qu’est le paradis, Texhnolyze est l’œuvre de la vie. Les plus instruits d’entre vous pourront facilement déduire des thématiques abordées une source d’inspiration pour les auteurs (et en particulier pour Konaka Chiaki) : le philosophe allemand très souvent connu et trop souvent méconnu Friedrich Nietzsche. Loin de moi l’idée ici de vous donner un cours de philosophie en analysant Texhnolyze, vous trouverez de nombreuses clefs de compréhension de l’œuvre du côté de ses écrits. Ce sera probablement l’occasion pour vous de saisir un peu mieux une partie de sa pensée. L’œuvre prend aussi inspiration du côté d’écrit biblique, et plus particulièrement concernant la tour de babel. Il pourra aussi être intéressant d’aller creuser de ce côté-là après le visionnage ! Enfin, Texhnolyze prend aussi à la culture américaine, et plus précisément au peintre Edward Hopper. Après le visionnage de la série, je vous invite à aller regarder ses tableaux. Nombre d’entre eux devraient vous rappeler des plans de Texhnolyze, je ne préciserai pas lesquels car cela serait un spoil.

Tooyama Haruhiko, personnage de Texhnolyze

Dernières pensées :

Texhnolyze est une œuvre fine, réfléchie, qui saura, si vous la regardez investi, vous procurez un certain sentiment d’absurde. Oui, absurde c’est le mot, car c’est probablement comme ceci que vous vous sentirez si vous ne regardez pas cette œuvre le cœur aguerri. Elle saura définitivement non seulement vous faire réaliser l’absurdité de la vie, mais plus encore elle vous donnera toutes les clefs qui vous permettront de surmonter cette prise de conscience. Cependant, ce ne sera pas chose aisée, l’œuvre elle-même a conscience de gêner, de déranger, les épisodes se nommant « rogue », indésirable. Texhnolyze est définitivement une œuvre sur l’homme, elle l’est même peut être un peu trop.

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