« Top wo Nerae 2! Diebuster », aussi nommé « Gunbuster 2 », est une série d’OAVs sortie entre 2004 et 2006, faisant suite au culte « Top wo Nerae! Gunbuster » sorti à la fin des années 80, et œuvre emblématique du célèbre studio Gainax. Séquelle de cette série de prestige, qui n’a plus besoin de refaire sa réputation, Diebuster est pourtant restée dans son ombre, régulièrement moins appréciée que son prédécesseur. Pourtant, cette série, faisant 6 épisodes à l’instar de son ancêtre, possède tout de même une très grande richesse, et mon but aujourd’hui sera de vous la montrer, avec une analyse et remise en forme et contexte de l’œuvre, mais aussi de son sens, et de l’héritage qu’elle tient de Gunbuster. Cette review contiendra donc énormément de spoil, il est vivement déconseillé à quiconque n’ayant pas vu la série de lire cet article, revenez quand vous aurez vu Gunbuster et Diebuster ! Ceci étant dit, vous êtes prévenus.

Comme souvent, petit disclaimer avant de commencer, certains points restent des mystères encore pour moi, je repréciserais, mais certains éléments de l’univers et de l’histoire manquent de précision, ou j’ai manqué de capacités d’analyses pour les comprendre. Dans tous les cas, ce ne sont pas des éléments qui une fois expliqué, viendront contredire des morceaux de l’article, je préciserais cas par cas ces morceaux, mais n’ayez crainte.

Les origines

À la fin de la série Gunbuster, l’humanité met tous les moyens qu’elle possède, et toutes les technologies qu’elle a créé, au service d’une seule opération dont le but est de repousser une très dangereuse attaque extraterrestre, menaçant le système solaire. Cette opération, sujet du célèbre épisode 6, fut un succès au prix du sacrifice de deux héroïnes, Noriko et Kasumi, qui se perdirent dans les failles de l’espace-temps pendant une dizaine de milliers d’années. Ayant calculé leur retour à une date précise, l’humanité s’est bâtie sur ce sacrifice, mais également sur la peur d’une nouvelle attaque de cette ampleur. En effet, ils ont frôlé la catastrophe en mettant des moyens colossaux, ayant mis en péril leur propre environnement, écosystème, leur économie et leurs connaissances juste pour leur survie face à des créatures prêtent à les écraser comme des insectes. Prenant conscience de l’infinité de l’espace et des menaces que constituent les autres formes de vie, une décision fut prise : ne jamais sortir du système solaire. Cette décision fut facilitée par la formation de la Red Milky Way, situé au lieu de l’ancienne opération de fin de Gunbuster, qui crée une barrière à la sortie de notre système. L’humanité s’enferma dans cet environnement familier, abandonnant la conquête spatiale et préféra se concentrer sur la protection de ce territoire durement acquis.

Au fur et à mesure des siècles qui suivirent les événements de Gunbuster et cette décision, le progrès des sciences fut fulgurant : La physique et la robotique en particulier eurent une avancée si forte qu’ils furent capables de renverser les lois de l’univers, comprendre les trous noirs et les recréer, et tout un tas d’autres choses que l’on peut aisément deviner en voyant les capacités de Nono, création d’origine humaine. L’intelligence artificielle pris également un tournant majeur, les robots avec une individualité n’étant visiblement pas si rare (pris à la légère dans l’épisode 2 où Nicola dit qu’il n’y a rien de choquant qu’une IA capable de penser puisse développer des talents de Topless) même si peu montré dans la série. Nous ne connaissons pas grand-chose au passé de l’humanité, mais à force d’efforts, ils furent capables de créer Nono, la Gunbuster #7. Cette arme ultime de l’humanité, quintessence de la science humaine, peut aisément rivaliser avec des Space Monsters de taille colossale (cf épisode 4), détruire des planètes, et commande une armée entière de vaisseaux aux intelligences artificielles, qu’elle peut déployer à volonté à travers tout le système solaire. C’est le système de défense de l’homme, destiné à le protéger contre absolument toutes les menaces. Cependant, encore une fois, un sentiment particulier prit le dessus sur la satisfaction d’avoir créé une arme aussi puissante. En effet, elle prit peur de cette nouvelle invention, qui pourrait un jour se retourner contre eux. Ne croyant pas en sa propre création, les anciens hommes décidèrent de sceller ce secret de polichinelle, le secret de leur science qui pourrait les mener à leur perte, dans une Boîte de Pandore. La civilisation actuelle, en effet, ne connaît rien aux premiers Gunbuster excepté leur numéro, ni à ces technologies, et sont incapables de les reproduire, voire même de les comprendre : ce savoir, durement acquis, fut perdu au fil du temps. Ils sont même incapables de réutiliser la technologie temporelle utilisée par Noriko et Kasumi dans le passé, même s’ils ont connaissance d’elle par contre.

Nono fut mise dans un météore, sans ses souvenirs et en stand-by, et envoyée dériver dans l’espace, jusqu’à ce qu’un vieil homme la retrouve au moins plusieurs millénaires après ce changement de pensée. Cependant, ce péché de l’oubli de leur passé, la race humaine le paye aujourd’hui par son ignorance. Ce qui est définit aujourd’hui comme étant des monstres extraterrestres sont en fait les créatures constituant le système de défense de l’humanité contre les menaces extérieures qu’ils ont eux même créés, et qui errent de planètes en planètes pour retrouver leur maîtresse et leur raison de vivre. Ils sont devenus en partie incontrôlables par cette perte et attaquent les populations parce-qu’ils n’ont plus d’ordres, et donc combattent ce qui ressemble à des menaces, à savoir les Buster Machines actuelles, leurs pilotes, et les vaisseaux. L’humanité, en scellant sa propre puissance, sa science, a égalé scellé sa paix en laissant sans ordre une armada de vaisseaux indépendants, et puisque aujourd’hui, personne n’a connaissance de cette boîte de Pandore, des combats centenaires, millénaires, se déroulent dans une guerre vaine entre les hommes, et ceux qui sont censés les protéger. L’humanité a pris peur d’elle-même, s’est perdue elle-même, se combat elle-même, et courira à sa perte elle-même. Tout ça à cause de la soif de grandeur des sciences, et aux affres du temps et de l’oubli.

Les Topless, une nouvelle élite

La peur principale de l’humanité était donc que leurs armes ultimes, si elles ont une conscience, se retournent un jour contre eux. Ils décidèrent donc de continuer de développer des armes de défense, toujours sur le principe des Gunbuster (renommés alors Buster Machine), mais revenant au besoin d’un humain pour les piloter, et non plus indépendant. Les recherches scientifiques ont montré, aux alentours de leur création, que les jeunes personnes développaient temporairement une nouvelle capacité cérébrale, leur permettant de manifester une volonté supérieure (oui, c’est aussi abstrait que ça), probablement inspiré des mutations de type Newtypes de l’Universal Century de Mobile Suit Gundam. Pour une raison inconnue, il s’est trouvé que seul ces adolescents/jeunes adultes étaient capables de piloter cette nouvelle génération de Gunbusters, et donc tout le nouveau système de défense humain s’est basé sur ceux qu’on appelle les Topless. Ces nouvelles élites, alors envoyés se battre contre les actuels Space Monsters (qui n’en sont pas, pour rappel), se battent depuis très longtemps, et l’humanité a appris à gérer leurs affaires. Ils sont actuellement une trentaine en service à travers le système solaire, mais nous avons pu remarquer qu’ils n’ont aucun souci à déployer, pour certaines opérations, la moitié de ces effectifs, et également qu’ils agissent par groupe (Nicola, Tycho et Lal’c appartenant au même vaisseau), ce qui fait assez peu par rapport au besoin réel d’armée de défense. On apprend également dans le troisième épisode que quand bien même ils ont connaissance des technologies pour créer les Buster Machines, les humains n’en construisent que très très peu, la Buster Machine #90 de Tycho étant la première construite depuis des décennies. On peut alors se demander pourquoi ils prennent aussi peu en considération leurs moyens militaires contre les Space Monsters, alors qu’il est démontré dans l’épisode 2 qu’effectivement, les vaisseaux classiques ne peuvent rien contre eux, Hattori manquant de se condamner avec ses soldats pour avoir voulu s’occuper d’un d’eux seuls. Les moyens financiers, matériels et techniques peuvent être invoqués, ainsi que la difficulté d’éveiller une de ces machines qui sont semi-consciente puisqu’elles doivent déployer une connexion avec leur pilote, mais on peut également observer des réponses avec ce que l’on sait du rapport qu’ont les Topless et la fédération.

Ce qui est nommé sobrement « La fédération » est ce qu’on peut désigner de plus proche d’une forme gouvernementale dans le monde de Diebuster, qui ne manifeste aucun conflit géopolitique au cours de ses épisodes. On peut donc assumer qu’il n’existe qu’un seul ordre contrôlant tout, et unifié dans sa lutte contre les Space Monsters. Ce régime est tenu notamment par des doyens, que l’on voit dans les derniers épisodes, et qui résident sur Terre, débattant entre eux des décisions importantes et à qui on se réfère en cas de besoin. Ce sont eux qui donneront les clés de Douze Mille à Lal’c dans le dernier épisode. Et nous savons, à travers certaines informations, que la Fédération tient à garder les Topless en laisse, et fait son maximum pour ne pas qu’ils se retournent contre eux, notamment grâce à un traité interdisant aux Topless de déployer leurs Buster Machine sur les territoires militaires (donc sur les vaisseaux), mais étant également récalcitrants à les voir les utiliser dans des territoires civils quand bien même il y aurait nécessité (le fait qu’une bataille se soit engagé sur la planète Mars ayant amené à une enquête immédiate d’Hattori, interrogeant Lal’c sur les raisons de celle-ci). Mais une autre chose que nous apprend ce personnage n’apparaissant qu’un épisode, c’est que la fédération contient deux courants de pensée, et que l’un d’eux est hostile aux Topless, les accusant notamment d’être la source d’apparition des Space Monsters, ce qui n’est pas faux puisque le besoin des Topless a suivi la perte de contrôle du système de défense qu’ils sont venus remplacer. Dans les faits, Hattori soupçonne même Nicola d’avoir ramené le monstre délibérément sur Mars. Même s’ils sont souvent vus comme des héros, surtout pour les populations défendus, une insatisfaction conséquente de la part de certains corps militaires existe face à ces élites qui leur sont nécessaires, mais pourtant dont la supériorité et la peur de les voir prendre le pouvoir, est déplaisante pour eux.

Pour garder un contrôle sur ces élites, ils sont maintenus en compétition permanente. C’est pour appuyer cette thématique autour des Topless qu’a été intégré à l’histoire le personnage de Tycho Science, obsédée par ce classement. Je ne pense pas qu’on puisse parler de formatage, mais le classement est quelque chose d’important pour cette nouvelle classe, ils se battent pour obtenir la première place de celui qui a tué le plus de Space Monsters, et ainsi avoir l’honneur de passer à la télévision pour prononcer un certain discours. Le sujet de ce texte, répété chaque année, est très intéressant thématiquement. Quel est son but ? Rappeler à la population que les Topless sont de leur côté, qu’ils se battront pour eux et pour leur survie. Tant qu’ils font ce discours, les hommes savent qu’ils n’ont pas été trahis. En plus de leur tendre la carotte en leur promettant une récompense s’ils sont efficaces, centralisant leurs pensées sur cet objectif (ce qui est d’autant plus pratique du fait qu’ils sont jeunes et inconscients, immatures), ils utilisent cette récompense pour leur rentrer dans la tête à eux et à la population, qu’ils sont au service de l’humanité. Ils souhaitent réellement tenir en laisse cette élite, afin de les utiliser au maximum, tout en prenant un risque minimum. Les rivalités qui se créent alors entre les différents vaisseaux de Topless les empêche de s’unir si ce n’est pas nécessaire pour l’armée (même si c’est court, on sent le côté cynique des relations entre eux quand ils préparent les différentes opérations des épisodes 3 et 4, ils ne sont pas hostiles, mais pas si amicaux non plus).

Malheureusement, si l’armée a peur de perdre le contrôle sur ces armes de destructions massives, usant donc de moyens politiques et psychologiques pour les restreindre, le fait de faire partie de cette élite est également un poids pour les Topless. Avant de rentrer dans les cas individuels, un point commun entre eux est qu’ils sont énormément imbus d’eux-mêmes. Tous les Topless vus à l’écran sont arrogants et ont ce sentiment de supériorité sur les autres, ils n’ont aucune considération pour le peuple et c’est à peine s’ils en ont entre eux, et je ne parle même pas de leur traitement des autres militaires. À la fin de l’épisode 2, Nicola exploite sans soucis les vaisseaux militaires pour les envoyer se battre contre le Space Monster, ayant l’air de prendre ça pour un jeu, et Lal’c était prête à laisser mourir les soldats d’Hattori pour tuer son adversaire alors que l’histoire a prouvé que Nicola pouvait le faire seul, et qu’il n’était pas nécessaire qu’elle fasse un choix entre les autres et le monstre, revenant également en mode effet pervers, au classement, sujet de l’épisode suivant. L’idéal de justice des Topless n’a rien à voir avec la protection du peuple, mais bien dans leur guerre avec les Space Monsters, leur éradication est une priorité, le reste est secondaire. De la même manière, Tycho perd bêtement sa Buster Machine par excès de confiance en elle, en fonçant dans le tas pour dépasser Lal’c au classement, et la perte d’une arme aussi précieuse ne l’inquiète pas, elle s’inquiète seulement pour elle-même. Nono subit également cette légère oppression, régulièrement rejetée par sa Onee-sama, car elle n’est pas aussi spéciale qu’elle, attaquée par Tycho par jalousie, et critiquée par les autres Topless qui lui disent de rentrer faire la cuisine à la sortie des douches dans l’épisode 4.

Habitués à être supérieurs aux autres, et n’ayant aucune reconnaissance pour avoir pu accéder à ce statut, il devient tout pour eux, et se définissent par le fait d’être au-dessus des autres. Un point majeur à retenir les concernant reste le fait qu’ils ont une date d’expiration. Une fois grandis, les Topless perdent leur pouvoir pour une raison inconnue du spectateur, et sont alors redéployés dans l’armée ou partent faire d’autres activités (Lal’c qui part étudier les oiseaux à la fin de la série). Cette thématique est vue à travers deux personnages, Nicola et Casio. Casio est un ancien Topless, le précédent possesseur du Buster Machine #19 que conduit actuellement Lal’c. Ce personnage au début amical et montrant un certain recul et de nouveaux questionnements (sur les sentiments des mechas), se révèle avoir un ressentiment par rapport à son ancienne condition, regrettant profondément l’époque où il était spécial, alors qu’il n’est aujourd’hui qu’un mécanicien lambda. Il accompagnera Nono sur Pluton afin d’aller récupérer la carcasse d’un ancien Gunbuster perdu dans le but de lui voler sous le nez et d’essayer de retrouver sa grandeur d’antan. C’est lors de cette tentative qu’il racontera à l’héroïne le fond de ses sentiments : quand un Topless pilote une Buster Machine, son cœur est captivé par elle, il ne pense plus qu’à ça, il vit pour ce sentiment, et quand il le perd, il perd tout. Aveuglé par la détermination de Nono, il se lance dans cette quête désespérée et vouée à l’échec, mais qui eut un sens puisque c’est lui qui réveilla inconsciemment le Gunbuster #7, lorsqu’elle lui expliqua qu’il ne pourra pas atteindre le sommet avec cette mentalité. De son côté, Nicola est le personnage qui est en train de perdre son statut d’élite. Il fait le lien avec les jumelles, dont je parlerais juste après. Il est là pour montrer la déchéance d’une personne construite sur le fait d’être une élite, et à qui on retire ce privilège pour une raison qui lui échappe et qui ne dépend pas de sa volonté. Apparaissant au début très fier, assez provocateur, et fort de sa relation avec Lal’c, sa peur de vieillir et l’approche de sa retraite le rapproche du cercle secret des jumelles, deux Topless ayant trouvé le moyen de conserver leur position malgré les décennies, et dont l’influence sur le monde de Diebuster est importante. Lors de la chute de ces deux femmes, il perd ses pouvoirs, et dans la folie qui suit cet événement, essaye de manger Nono pour retrouver sa position (oui, faut prendre en contexte), essai se soldant sur son arrestation, durant laquelle il balance à Lal’c ses sentiments et son incompréhension. Ces deux hommes sont du même côté de la pièce, et m’amènent à la conclusion de cette partie.

Les Topless sont des élites temporaires. Indispensables à la survie de l’humanité, ils sont entraînés depuis leur plus jeune âge pour être des héros, et grandissent dans l’optique d’accomplir de grandes choses, régulés par un esprit de compétition et les espoirs de devenir célèbre en se mettant à la tête du classement. Finissant systématiquement par devenir narcissiques, l’état temporaire de leur rayonnement finit par les rattraper, et la perte de leur statut, dont ils n’ont aucune explication, les rend d’abord fous, puis désillusionnés et plein de ressentiments envers leur ancienne classe, nostalgiques de ce passé glorieux, et accentuant les sentiments mitigés de l’humanité envers les Topless. Encore une fois, le moteur qui pousse les hommes à ces précautions est la peur, la même peur que vivent les Topless, celle du jour où ils redeviendront humains.

Les jumelles, ou la fin

Ces personnages méritent vraiment une partie, même si elle est légère. Agissant comme une seule entité, elles sont la quintessence de la folie humaine à tous les niveaux. On sait assez peu de choses sur les jumelles, si ce n’est qu’elles sont un contre-pouvoir du gouvernement, une sorte de pouvoir des ombres articulé autour de ce qui est appelé « le cercle secret », auquel appartient Nicola. Elles vivent depuis très longtemps et restent éternellement jeunes grâce à une technique secrète, et sont à la fois craintes et respectées par les autres Topless. Elles ont assez d’indépendance et de pouvoir (notamment dans leurs relations, si l’on en croit leurs dires) pour mettre en place leurs propres objectifs, qui sont ici de déterrer une créature qu’elles pensent être le premier Topless, plus précisément, le « Topless éternel », une ancienne arme de l’humanité. Cette créature qu’elles déterrent, elles en mangent une partie de la chair régulièrement, afin de garder une jeunesse éternelle. Il n’y a pas vraiment d’explication à ça, mais puisque c’est un extraterrestre, que sa chair ait la propriété de maintenir le corps dans un même état n’est pas inimaginable. Le privilège d’accéder à leur réserve est très dur à obtenir, et n’est offert qu’à ceux qui leur sont fidèles et utiles dans leur plan. Ici, déjà, on peut noter donc qu’elles se nourrissent d’un être inconnu afin de maintenir leur puissance, cristallisant leur folie en tant que Topless prêts à tout pour maintenir leur position sans partager ce secret à tous, mais également leur folie scientifique : cette créature inconnue, elles veulent la réveiller, avec l’espoir de l’utiliser comme nouvel arme. Le savoir perdu des anciens humains ne leur permettent plus d’identifier cette carcasse comme celle d’un véritable Space Monster, et lui qui fut scellé/enterré sur cette planète par leurs ancêtres, cette bête apocalyptique qu’ils ont cherché à fuir, cause de ce repli, cause de cette peur, elles le réveillent par péché d’ignorance, ce qui causa leur perte à elles, mais également à d’autres pilotes qui mourront pendant l’opération.

Cette bête, attaquant tout ce qui est affilié aux humains, s’attaque d’abord au système de défense venu l’arrêter (même si une partie a suivi leur maîtresse sur Pluton, diversion réussie des jumelles), avant de s’attaquer au vaisseau. Ce fut le moment où l’humanité compris son erreur, le combat vain contre eux-mêmes, réalisant que les Space Monsters n’en étaient pas, et que les véritables sont bien plus terrifiants. Et pour couronner tous les actes de ces deux sœurs, qui condamnèrent maintes fois l’humanité, que ce soit le réveil de la bête ou le réveil du Gunbuster #7, deux événements qu’elles provoquèrent, cela fut suivi d’une nouvelle catastrophe, l’éveil de la Red Milky Way, et le retour des Space Monsters venu d’ailleurs pour anéantir le système solaire. Ces personnages sont intéressants du fait qu’elles répètent les erreurs de leur ancêtre et en payent le prix : l’avancée de la science réveillant une puissance incontrôlable, la recherche de l’éternité apportant la dépendance et la folie, et la destruction de leur propre paix, amenant l’humanité au risque d’une annihilation qu’ils ont eu tant de mal à éviter.

Nono, la renaissance de l’homme

C’est dans ce monde, soumit de nombreuses fois à une peur qui a empêché l’humanité de stabiliser sa paix et son équilibre, qu’apparaît Nono. Créée par les anciens hommes, elle est l’héritage de leur science, mais également de leur mentalité. Pure et innocente, et également assez enfantine suite à l’enfermement de ses capacités et souvenirs, elle a une idole nommée Nono-Riri, qui n’est autre que Noriko. À la création du Gunbuster #7, les hommes avaient encore les enseignements de Noriko avec eux, qu’une fille normale peut accomplir de grandes choses, et que les « efforts et les tripes » permettent de se hisser au sommet. En soit, ce que voulait transmettre Gunbuster premier du nom. Cette sagesse fut enseignée à Nono, l’arme indépendante ultime, afin qu’elle ne perde pas cette philosophie que leur a apprise leur héroïne, montrant vraiment à quel point elle a marqué l’histoire de l’humanité à son époque. Si le nom et l’héritage de ce combat 10 000 ans auparavant a subsisté, le temps fit disparaître cette philosophie abstraite. Quand Nono réapparaît, les hommes ne jurent plus que par cette élite qui les défend, le savoir humain est devenu inutile au combat, et seuls quelques individus, choisis sur des bases inégales, ont le privilège de devenir des héros. À côté, pour devenir un soldat de garnison dans l’espace, il faut un nombre ridicule d’années d’études (15 années minimum!) pour espérer y aller, et les soldats de garnison terrestre ne sont que des beaufs alcooliques. Les efforts et la volonté sont rabaissés et vus comme des rêves d’enfants, et ces héros ne sont pour la plupart que des narcissiques qui pensent que la gloire leur est destiné, que les autres ne valent pas la peine (sauf exception, Casio s’entend bien avec certains Topless, en tant qu’ancien Topless lui-même). Nono se prend tout de même d’admiration pour Lal’c, qui est l’héroïne du système solaire pour la population, régulièrement surnommée « Princesse ». Elle veut devenir comme sa Onee-sama. Ses efforts sont grandement dévalorisés, même s’ils amusent Nicola. Et tout le paradoxe, c’est qu’ils sont rabaissés alors même qu’ils ont eu la preuve de sa force, elle qui se fit remarquer en tuant à pieds nus un Space Monster.

C’est ce monde que Nono, avec sa motivation et sa joie de vivre, est venue bouleverser. Elle redonne son envie de devenir un héros à Casio (même si ça tourne un peu mal), elle rend ses rêves à une Tycho désillusionnée par le faux pouvoir qu’ont les Topless qui ne peuvent rien faire sur le long terme et pour sauver les minorités, changement marqué à la fin de l’épisode 3 où elle reprend confiance en elle et en ses capacités à être une héroïne malgré ses imperfections, et surtout, elle enseigne ce qu’est être une véritable héroïne à Lal’c. Une fois redevenue la Gunbuster #7, elle reprend le contrôle sur son armée, réparant l’erreur des hommes actuels, et se dresse avec eux en rempart de l’humanité contre la nouvelle invasion de Space Monsters, mais elle abandonne le combat par peur de ne pas réussir à les vaincre définitivement, et également triste de la tournure des choses. L’humanité se reposait encore une fois sur quelqu’un d’autre qu’eux-mêmes. Les Topless d’abord, puis suite à leur déchéance causée par les jumelles, sur elle. Sa fuite fait réaliser aux hommes qu’ils ne peuvent, au final, ne compter que sur eux-mêmes. Le doyen prononça même ces mots (à peu près) : « Il est temps pour l’humanité de renaître ».

Elle doit retrouver sa propre puissance, et arrêter de se reposer sur des êtres dont elle a peur. Les humains prévoient donc d’utiliser leur technologie la plus avancée, le vaisseau Douze Mille, afin d’envoyer la Terre sur le Space Monster principal, et ainsi le renvoyer dans le trou noir dont il sort. Une opération titanesque, digne de celle de la fin de Gunbuster, se relance afin de lutter contre la menace extérieure, avec en son centre la déplaceuse de planètes, Lal’c Melk Mark. Cependant, lors de l’opération, Nono intervient et empêche la Terre, berceau des hommes, d’être sacrifiée pour son futur. Un combat s’en suit alors entre Nono et Lal’c, où une des répliques les plus importantes de Diebuster est prononcée par cette dernière : « C’est le combat de l’humanité ! ». Preuve de la reprise en main de cette dernière, ils ont retrouvé cette puissance, cette volonté de se battre, et d’avancer, et rejettent l’aide de Nono, un être n’ayant rien à voir avec ce combat. C’est d’autant plus symbolique que ce n’est plus en tant que Topless que Lal’c porte le coup final à la bête de l’apocalypse, mais bien en tant qu’humaine, ayant découvert le cockpit caché du Gunbuster #19 témoignant du fait qu’à l’origine, c’était bien les humains qui devaient se battre pour leur propre survie, et non ces fameux Topless. Manquant par cette victoire de recréer un Big Bang, Nono se sacrifie dans une scène magnifique afin de sauver l’univers qui prend un nouveau départ. Elle a effectivement pris la place d’espoir et d’inspiration pour la nouvelle humanité, et est devenu par son sacrifice, l’héroïne qu’elle désirait être. Comme Nono-Riri.

Diebuster, c’est le conte d’un monde tordu par la peur, à commencer par la peur du monde extérieur. Les sciences ayant dépassé la compréhension humaine, ils les ont abandonnés par peur de voir leur destruction approcher par cette faute. Ils se sont reposés sur les Topless plutôt que sur leurs propres technologies d’intelligences artificielles, mais toujours par peur, ils les ont restreints, les maintiennent en captivité psychologique. Les Topless sont un poids pour l’humanité, mais aussi pour eux-mêmes, comme dit précédemment. Au final, l’humanité n’a confiance en personne pour les protéger, ils ont perdu foi, la foi dans les efforts, et dans les véritables héros, ceux qui le deviennent par la force de la volonté, comme dans Gunbuster. Au final, l’humanité stagne, régresse, court à sa perte, à cause de leurs actions. Ils créent l’incompréhension en scellant leur passé, et ils scellent leur avenir dans des craintes intestines basés sur le manque de confiance en l’autre et en leur propre puissance. Nono est venu rétablir ce qu’était vraiment être humain, l’héritage de la première série Gunbuster, elle le porte en elle et l’enseigne au monde dans lequel elle évolue. L’héritage du sacrifice de Noriko, la fille ordinaire qui s’est battue pour l’humanité, transmis à Lal’c qui ne vainc pas l’ennemi grâce à quelconque talent, mais bien grâce à ses capacités d’humaines. Non-content d’être une digne et crédible suite thématique de Gunbuster, cette série bénéficie donc d’un puissant message. Que définitivement, il faut croire en la paix, et que définitivement, ce qui fait bouger le monde, ce sont les efforts et les tripes.

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