Si vous êtes un des enfants du siècle, votre génération a sans nul doute été façonnée par les jeux vidéo. Et si vous lisez ceci, l’animation japonaise y est aussi pour quelque chose. Pourtant, ni né au Japon ni en Occident, le jeu qui sera sous le feu des projecteurs aujourd’hui est Elsword, un jeu coréen à la frontière des genres !
Jusqu’à un certain point, je m’efforcerai d’aborder le jeu de manière superficielle, essayant de limiter les spoilers (il y en a !), et ceci pour vous convaincre de donner au jeu sa chance. Dans un second temps, j’analyserai avec plus de profondeur et d’attention au détail un des rares jeux dans lesquels je me sois beaucoup investi.
Avant de vous livrer mon ressenti et mon (in-)expérience précise du jeu, je dois d’abord vous dire de quelle sorte de jeu il s’agit.

Elsword est un MMORPG d’action free-to-play sorti en fin 2007, développé par la société sud-coréenne KOG Studios. S’inspirant de la fantasy revisitée par l’imaginaire manga, le jeu innove à la fois sur le plan visuel, mettant en avant son mélange 2,5D, et sur le plan moteur de jeu. Les donjons (explorés à la manière d’un beat’em up à plusieurs instances, avec mid-boss et boss) imposent un système de compétences et de combos qu’on retrouve dans les jeux de combat. On peut aussi mentionner quelques mécaniques gacha, comme l’amélioration d’une arme ayant une probabilité de la détruire, des loots aléatoires, les costumes par les chauffeurs de statue en glace…

 

          Mon ressenti

 

Pour commencer cet article de façon tout à fait honnête, histoire d’en réduire le biais potentiel, je me dois de définir mon rapport personnel au jeu. Et rien de mieux, pour cela, que de parler de ma fréquence de jeu. La dernière fois que j’ai joué à Elsword était au début de l’été 2020, à l’occasion de ma découverte de sa page Steam. Sinon, j’ai dû découvrir le jeu vers 2012 ou 2013, à un âge assez jeune, quand les anime et les manga ne me concernaient pas, puis j’y ai rejoué en 2016, et puis en 2018. J’ai alterné entre jouer fréquemment et ne pas toucher au jeu.
En été 2020, j’y ai joué environ 20 heures, surtout réparties en quelques nuits blanches, durant lesquelles je tentais de speedrun le jeu. En F2P. Et en solo. Résultat : en 8 heures, j’atteignais le niveau 55 environ. Le maximum étant passé de 70 à l’ancienne à 99 maintenant. C’est peu à peu devenu du grind. N’empêche, si on réduit le plafond qu’on se donne, ou si on s’autorise des pauses entre plusieurs sessions, ça devient réalisable. Et c’est assez fun, si on tolère la répétition, car le jeu a aussi un certain skill cap — grâce aux combos, mobs, mécaniques et compétences. La vidéo qui suit montre le speedrun d’un donjon spécial, où tous les bosses du jeu sont présents !

Ça, c’est pour le côté speedrun. Un autre côté du jeu qui m’a assez charmé — pour le peu que j’y aie joué — est le PvP. J’y étais médiocre, mais c’était par choix : mon personnage préféré est Ève, Reine des Nasods (la « civilisation » robotique d’Elsword), sans spécialisations — parfois avec. Ce que j’aimais avec elle, c’était son jeu aérien (Ève bénéficie de projections aériennes qu’aucun autre personnage n’a, rendant son jeu aussi libre qu’imprévisible), ses capacités de burst, et donc les possibilités de mind game à distance, et une certaine polyvalence. J’aime beaucoup regarder du PvP du jeu sur YouTube, où les joueurs ont clairement du level.
Pour plus comprendre le PvP du jeu, voici un guide anglophone. Si vous préférez une solution francophone, cherchez du côté des forums en ligne.

Quant à l’histoire du jeu, ainsi que l’expérience quêtes-PvE, je la trouve assez moyenne. Restant au début assez tendre, elle vient à gagner en tension et en dimension au fur et à mesure qu’on rentre dans le vif du sujet. Si certains joueurs pourraient regretter plus de lore, il reste un wiki fourni, et la franchise s’est même récemment dotée d’une série animée. J’aime particulièrement les personnages différents qui peuvent coexister, et les relations entre eux : fraternité entre Elsword et sa sœur Elesis, Ève et son passé résonant avec celui d’Add…
Que dire du gameplay des différents personnages que l’on peut incarner ? Chacun a ses nuances à maîtriser, des combos, son potentiel, et je suis loin de pouvoir me prononcer sur tous. Je préfère de loin les personnages féminins. Dans l’ordre du meilleur au pire gameplay : Rena, Aisha, Ève, Elesis, Ara, Lu, Laby, Rose.

Rena pour sa fluidité de jeu, pouvant alterner entre les coups de pied rapides et les flèches à distance, ayant une régénération de mana plus rapide, et des compétences balayant le champ de bataille. Aisha pour les boules de feu, le mana régénéré, la téléportation. Ève pour le jeu aérien, le burst, les effets visuels. Elesis pour la dualité élémentaire et l’efficacité lambda.
Ara parce qu’elle reste une valeur sûre, mais m’ennuie un peu. Lu, car je n’ai pas beaucoup de choses à en dire, mais le démonisme c’est cool. Laby est un cas particulier : j’ai galéré à la tester car elle a sa propre zone de spawn (la seule, je crois ?), mais dans d’autres circonstances son gameplay doit avoir du potentiel, il me semble qu’elle introduit une mécanique de téléportation (de l’ennemi, pour Aisha c’est elle-même qui se téléporte). Rose avec ses quatre armes à feu est en dernière position, parce qu’elle a peut-être pas mal d’outils, mais qu’ils ne m’ont pas tous semblé viables…

 

          La critique

 

C’est dans cette partie de l’article où je vais critiquer la forme et le fond, et donc où je me limiterai moins sur les spoilers. Même si ça devrait pas aller trop loin, vous êtes prévenus.
Le titre de l’article associe à Elsword trois adjectifs, et ce sont autant de angles qui me serviront à vous exposer ma vision du jeu. Dans un premier temps, nous reviendrons sur le cocktail que donne une formule hybride, qui mélange MMORPG, side-scroller et jeu de combat, avec une petite saveur surprise grâce au gacha. Ensuite, on va revenir sur la couleur du jeu, que ce soit littéralement sa palette, son ambiance ou les sentiments que donnent ses personnages et sa trame. Pour conclure, nous reviendrons sur la manière dont Elsword s’approprie puissamment les éléments du fantasy, pour le plus grand plaisir des joueurs.
Hybride. Dans une vidéo susmentionnée, Kazhamania évoquait l’appréhension qu’on peut ressentir à imaginer un MMORPG en 2D, avec un moteur de jeu de combat, et des donjons à la beat’em up. Mais pour ma part, c’est précisément ce moteur de jeu vivant qui me fait retourner de temps à autre sur ce jeu de mon enfance. C’est avec Pokemon: Type Wild et Touhou Suimusou ~ Immaterial and Missing Power un de mes trois jeux de combat préférés, m’ayant fait découvrir et adorer le style. Ne ratant pas son coup ni quant au lore, ni quant au gameplay, et offrant à chacun l’occasion d’une expérience aussi passionnée que personnelle, Elsword est un véritable ovni qui mérite d’être connu.
Coloré. Tout d’abord au sens littéral (celui qui m’importe le plus, car c’est l’eye candy qui me fait rester dans la sphère otaku). On compte 6 éléments d’enchantement parmi lesquels figurent : le feu, le poison, le vent, l’eau, la lumière et le sombre. Chaque enchantement peut provoquer un état chez l’adversaire, le colorant : être gelé par l’eau rend bleu, le feu rend rouge cramoisi… Mais même les personnages, qui sont 13 depuis Laby, ont chacun une palette unique, un design personnel, une histoire à eux, un doublage (en plusieurs langues !) aux répliques vivantes. Sans inclure les costumes, accessoires, titres et postures qu’on peut personnaliser. Les zones ont chacune leur ambiance, leurs monstres, leurs drames, leurs quêtes

Et enfin fantaisiste. On l’a effleuré juste avant : on peut beaucoup personnaliser ! Oui, il faut parfois cracher des thunes. Non, je ne l’ai jamais fait. Mais même sans payer, on peut débloquer les compétences qu’on veut, se faire un build qu’à soi, s’épanouir somme toute et donner une libre expression à ses envies. Un grand plus est que le moteur du jeu, peut-être intimidant au début, devient pour celui qui s’entraîne assez gratifiant : on se sent puissant, et c’est ce qu’on recherche dans un jeu d’action fantasy.

Pour moi, en tout cas, Elsword est l’un des meilleurs jeux. En effet, il a passé le premier test : celui du temps. C’est rare pour moi d’avoir une relation aussi spéciale avec un jeu, et c’est loin d’être simplement de la nostalgie, puisque le deuxième test que le jeu a passé est celui d’une critique — du fond comme de la forme.
J’espère qu’après avoir lu, vous aurez une bonne image du jeu. Oui, j’ai été biaisé et assez doux avec ce dernier. Donnez-lui une chance. Même s’il y a du mauvais, surtout récemment, concernant les pratiques peut-être abusives du staff. Même s’il y a du grind, du pay-to-win (dès qu’on parle de free-to-play de toute façon), une communauté de moins en moins active, des graphismes assez vieux. Je suis loin d’avoir abordé chaque aspect du jeu, car je n’ai presque aucune expérience du HL, des guildes (joueur solo, d’où la référence à Sword Art Online), des métiers, du craft, des builds de PvP…

 

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