Aujourd’hui, c’est mon anniversaire, et plus précisément mes 20 ans. Je pense que c’est un jour propice pour revenir sur moi-même, sur mon parcours et surtout sur ma passion principale qu’est l’animation japonaise, que j’essaye de transmettre au quotidien et notamment à travers divers projets dont mon activité sur « Les confins du monde » est l’aboutissement. Pas de construction, pas de prise de tête, aujourd’hui je vais tenter de rendre instructif comment cette passion, cet investissement, qui ne peut être vu que comme un passe temps pour beaucoup, a changé beaucoup de choses à ma vie et caractérise ce qu’elle est aujourd’hui.

Pour beaucoup de gens, l’animation japonaise n’est qu’un passe temps, et c’est quelque chose que j’observe partout, particulièrement sur les petits serveurs. Même chez certains youtubeurs, j’ai pas l’impression que y’ait cette passion qui les anime, même s’ils aiment assez pour avoir envie d’en parler au plus grand nombre, c’est quelque chose qu’ils peuvent facilement mettre en pause ou voir avec plus de recul. Ce n’est pas mon cas. C’est peut-être lié au contexte dans lequel j’ai découvert l’animation, mais je pense personnellement que c’est quelque chose qui fait partie intégrante de ma vie et de mon identité et le fait que je finis toujours par y revenir (même après ma pause du Printemps 2019 qui a considérablement ralenti mon rythme de visionnage) me conforte dans cette vision. Pour revenir aux origines pures, ce médium m’a sauvé. Je suis incapable d’imaginer ce que je serais devenu si je ne m’étais pas découvert cette passion, et je ne dis pas ça en mode « Qu’est-ce que j’aimerais aujourd’hui ? » non, je parle d’un point de vue moral.

Comme tout le monde, mes années collèges furent difficiles, particulièrement la cinquième où j’ai été dans une solitude ambiante vis-à-vis du fait que je ne jouais pas activement à Minecraft qui était un tel phénomène que dans mon établissement il a eu le monopole des sujets de discus pendant une année scolaire entière. Mais surtout, à cette époque, j’étais personne. J’étais l’inconnu, le X, la quatrième roue du tricycle, le dernier du groupe d’ami. J’ai toujours été quelqu’un qui se rabaissait beaucoup, particulièrement quand il perd aux jeux (les gens qui ont joué aux 6 qui prend IRL avec moi l’ont bien compris), et qui avait un manque de confiance en soi, mais ça vient pas de nul part. J’ai toujours, au fond, mal vécu l’isolement culturel qu’a provoqué mon désintérêt pour le médium vidéoludique, et même si on jouait toujours à Super Smash Bros Brawl entre potes, contrairement à eux je m’épanouissais nul part, je touchais à tout mais j’étais en surface de tout. Je faisais de tous les médiums (romans inclus, j’écrivais même) mais au fond quand j’y repense, il me manquait quelque chose et ça me planait au dessus, je me définissais par rien, même pas par mon caractère vu que je suis introverti.

C’était devenu assez toxique, on peut le dire, c’était la période « mal dans sa peau » de l’adolescence, et mes potes qui me charriaient sur le fait que je plairais jamais à personne n’a pas aidé. Ces deux années scolaires sombres (2013-2015) se sont même répercuté sur mon sport, le badminton, où j’avais beau continuer de pratiquer, j’étais trop défaitiste pour m’améliorer là où j’étais motivé quand j’ai débuté ce sport. Je remarque encore mieux maintenant (car je ne le voyais pas tant à l’époque) que j’allais nul part. Deux choses m’ont sauvé : Mon ex et ma passion. Je vais pas m’étendre sur le premier, passons au deuxième direct.

Je faisais déjà des animes (et mangas) à cette époque, parce-que comme j’ai dis j’étais très varié à une époque dans mes approches culturelles, mais celui qui a tout changé, ce fut Baka to Test no Shoukanjuu, découvert grâce à un cousin plus âgé qui me l’avait filé en même temps que d’autres animes, suite à une discussion sur Psycho-Pass S1 que j’avais découvert un peu avant. J’ai mis un moment à toucher à ses conseils, mais début 2015 j’en ai lancé un au hasard, vous savez lequel. Je l’ai détruit. J’en ai parlé au collège le lendemain et un gars m’a parlé de No Game No Life, que j’ai regardé. Puis un autre gars m’a filé Another, Kämpfer et Parasite (alors en cours). La locomotive était lancée : Pendant les 4 années suivantes, je n’ai fais pratiquement fait plus QUE des animes (et des mangas en 2017/début 2018, mais pour ce que ça change mdr). J’étais alors animé par une curiosité insatiable de découvrir de nouvelles licences, de nouvelles séries, de nouveaux personnages, j’ai rapidement été pris dans le bain et découvrir me donnait envie de découvrir plus.

Et une chose importante c’est que j’ai construit mes débuts tout seul, je n’ai jamais été chercher d’articles, de youtubeurs, je me suis jamais renseigné sur les classiques, pendant ma première année et demie seul l’instinct m’a guidé, pour le meilleur comme pour le pire. J’ai toujours du regret de cette époque où j’étais encore assez pur pour ignorer les recommandations, les notes, les retours, car aujourd’hui encore ce que je n’aime pas est rare, et je ferais sûrement des bonnes découvertes si je faisais du yolo, Toji no Miko étant la quintessence de cela. Mais on change. Même si avec le recul j’étais misérable à l’époque, je m’étais rapidement imposé comme la référence dans mon établissement sur les animes, celui à qui on venait parler de ça, et je prenais plaisir à parler de mes expériences même quand c’était des trucs genre Cardcaptor Sakura. J’apportais enfin quelque chose, c’est triste à dire mais cette passion c’est ce qui m’a permis de me créer, de me construire autour de quelque chose, de vraiment vivre et de transmettre cette vie, et pas juste de butiner un peu partout sans investissement. Ca aurait pu être n’importe quelle passion, mais moi c’est ça qui m’a redonné la confiance que je pouvais servir et pas juste être le pote qui complète le casting de la journée.

Mais à ce stade, je n’avais que trouvé ce que je voulais transmettre, ce que je voulais évoquer, ce que je voulais explorer. 

On a tous un jour je pense, en tout cas c’est le cas de ceux passionnés par un art, le déclic. Le déclic qu’une œuvre c’est pas juste un divertissement, pas juste ce que tu consommes, pas juste ce que tu fais comme ça. Le déclic qu’une œuvre c’est vivant, c’est fort, c’est un moyen de transmettre et de véhiculer, et que cet élément magistral qu’on appelle la « fascination » peut t’amener vers une compréhension supérieure de la fiction, peut la dépasser, pour créer plus. Que la fiction c’est pas qu’une échappatoire, c’est aussi la leçon, l’influence sur ton réel, sur ta pensée, sur ton existence, et que cette leçon peut te donner envie de comprendre pourquoi, comment, et te faire revoir ta grille de lecture entière sur la fiction en soi. Cette œuvre pour moi, c’est Shoujo Kakumei Utena. C’est pas juste un de mes animes préférés, c’est aussi l’œuvre de ma vie, même plus que Undertale que je lui préfère. C’est difficile de mettre des mots sur ma passion pour Utena, ce qu’Ikuhara a créé en moi sur le long terme avec cette histoire, mais je ne pense sincèrement pas que la locomotive serait encore en marche sans cette escale. Plus que les animes, c’est Utena qui est une partie de ma vie, en tant qu’œuvre et en tant que personnage, y’a une évocation mystique rien qu’au nom, c’est une partie de moi, une raison d’être. 

Si aujourd’hui, je veux continuer de vivre avec l’animation comme moteur, c’est car Utena me l’a montré comme étant un art, une évocation. Je respecte bien évidemment les passions des autres, que ça puisse être le jeu vidéo, le cinéma, la littérature, le sport, peu importe, peut-être plusieurs en même temps. Moi-même depuis ma pause en 2019 je me suis ouvert, j’ai découvert Undertale, les films de Alfred Hitchcock ou Sergio Leone ou simplement Game of Thrones que j’aime beaucoup. Même ma deuxième passion, les Visual Novels. Mais c’est pour ces raisons que personnellement je suis soûlé des considérations de l’animation japonaise comme une sous-culture, un sous-médium, quelque chose où seuls quelques œuvres privilégiées (genre Evangelion) ont de la valeur. On a tous des raisons de préférer un médium à un autre, par exemple le jeu vidéo grâce à son interactivité. Mais perso, je me reconnais pas personnellement dans ces médiums. Ce n’est pas moi. J’y aime des œuvres, mais ce n’est pas un ensemble qui me fait vibrer. L’animation, ça a un truc de spécial, de vivant, les émotions que j’y vis je les vis mieux en tant que spectateur que je les vivrais en tant qu’acteur avec une manette, ou en tant que lecteur avec du texte. Pour moi, c’est juste tellement de choses, pas juste Naruto ou Luffy, de la violence, des boobs et des Isekais. C’est une richesse, un empire, une culture, des personnages, des icônes, un puzzle dont je veux inspecter les pièces. C’est ce qui m’a fait découvrir vraiment l’art, ce que c’est qu’une passion, et pour ça, j’y suis encore fidèle.

C’est peut-être pour ça que Glass no Kamen et le personnage de Maya ont autant résonné en moi. Parce qu’au fond être personne et grandir dans une passion, c’est ce que j’ai vécu. L’investissement, les sacrifices, l’obsession, mais derrière la reconnaissance, ça me parlait. On me dit souvent que je force sur ce que j’aime mais le fait de parler de ce que j’aime, souvent des animes, c’est ce qui m’a permis de vivre et c’est devenu ancré en moi. C’est pour ça je pense que je peux être aussi chiant avec les gens sur des petits serveurs qui consomment ça comme un rien, grattent la surface. Parce-que pour moi être un fan d’animation, c’est pas ça. C’est ni se divertir, ni reconnaître ses faiblesses, ni s’arrêter à dire « Nan mais c’est qu’un anime, si je veux voir un bon truc je vais voir une série ou lire un roman ». Je déteste cet état d’esprit. Car pour moi les animes c’est plus que ça. Même si je veux me cultiver ailleurs, là où je veux devenir une icône, c’est avec les animes, même si je fais des études littéraires, ce que je veux promouvoir au fond c’est toujours les animes. Je vis pour eux comme n’importe qui vivrait pour sa passion quelconque, et si on veut me considérer comme un déchet, certains en rigoleront mais soit, parce-que personnellement même après avoir rouillé, même après avoir fait des détours, la locomotive se dirige toujours vers la connaissance de ce médium qui m’est cher.

Et cette passion, cette capacité à garder mon âme de nouveau dans le médium qui me fait presque tout aimer, sans contrepartie, je la revendique. Et cette passion, pour ces œuvres de l’ombre, pour Diebuster, pour Toji no Miko, peut-être un jour sur Shakugan no Shana ou sur les World Masterpiece Theater, je veux en faire ma force, mon véhicule, pour amener un jour des gens peut-être à repenser ces animes mineurs comme des œuvres d’arts, des porteurs de messages, des âmes à part entière. Parce-que pour moi l’animation fut la passion qui m’a tendu la main pour me sauver de l’anonymat et de l’insipidité de la vie, j’ai toujours l’envie de leur rendre ce qu’ils m’ont donné. Et c’est pour ça que je suis ici sur les Confins, et que je me rend disponible sur Discord. Je ne suis pas le plus connaisseur, ni le plus à même de comprendre un art, je reste toujours ce mec lambda, défaitiste et susceptible quand on s’attaque à ce qui lui est cher. Je suis toujours ce mec qui vient d’avoir 20 ans et qui regarde encore des dessins animés. Mais j’espère que dans un an, dans deux, dans trois, on sera tous encore là pour parler d’animation japonaise, car c’est un art qui peut-être un jour quelque part, résonnera aussi chez quelqu’un qui saura lui apporter le respect et l’ardeur que j’y ai vu. 

Cet article pour moi, c’est une confession, peut-être un message. C’est ce que j’aimerais dire à ces fans de shounens et d’isekais qui voguent en surface, à ces snobs qui le voient comme un sous-genre ou qui le pratiquent en regrettant de pas passer du temps sur des « vrais cultures », ou simplement à ces gens qui me pensent comme le weeb qui reste enfermé chez lui à ne pas vivre pleinement sa jeunesse. On est tous différent, mais au moins, comprenez. J’en ai sûrement trop fait dans cet article, mais je m’en moque. C’est simplement ce que je veux dire, c’est comme ça que je vois ma vie, et mes bientôt 6 ans en contact avec ce feu qui m’embrase, cette caverne aux trésors où je fouille encore pour en trouver toutes les pièces. Je veux juste leur dire que l’animation japonaise c’est pas une perte de temps, ni juste un passe-temps. C’est une passion qui mérite reconnaissance, et j’espère que cette sincérité saura pénétrer quelques lecteurs. Merci de votre lecture, et j’espère que mon activité, notre activité à nous tous, passionnés, saura continuer de fructifier à l’avenir. 

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