Quand on m’a proposé de faire un article sur le Reverse Harem, au départ, j’avais des doutes, est-ce que j’aurais assez de choses à aborder ? En effet, j’ai beau avoir un certain intérêt pour le genre, et avoir voulu lui redonner ses lettres de noblesse depuis que j’ai envisagé la possibilité d’écrire sur ma passion des animes, je n’avais pas encore trouvé l’angle sous lequel aborder le sujet. Mais en expliquant ce que j’avais en tête à mes collègues de LCDM, je me suis retrouvé naturellement avec beaucoup de thématiques plutôt intéressantes à traiter, sur ce genre méconnu et souvent décrié. C’est pourquoi aujourd’hui, dans cet article, je vais faire un retour aux sources en parlant du Reverse Harem dans ses généralités, ses spécificités, ses originalités, mais également ses écarts. Je conçois que ce n’est pas un thème passionnant, notamment quand on est un public masculin, mais on peut quand même tirer des éléments, ne serait-ce que pour la culture, de ce sous-genre tantôt très apprécié, tantôt (et plus souvent) mal-aimé pour des raisons diverses et variées.

Deux petits disclaimers avant de commencer. J’ai beau avoir vu un certain nombre d’animes de ce genre, je ne suis pas un expert. Je vais citer beaucoup d’exemples, mais je suis loin d’avoir vu tout ce que ce genre a à offrir, mes informations sont donc celles d’un amateur avec quelques qualifications qui partage ses observations et ses connaissances avec vous. Merci d’être indulgent si par hasard, vous tombez sur cet article en tant que personne plus cultivée que moi, et que vous avez des choses à redire (dites-le alors en commentaire, ça me sera utile !). À noter également que je n’aborderais que des animes, pas de mangas ou de visual novels non-adaptés. Deuxième point, j’aborde ce thème sous le prisme d’un homme parfaitement hétéro, donc d’un point de vue externe au public cible de ces séries (même si certaines ne sont pas nécessairement ciblées, on va y revenir). Je préfère mettre ce point au clair tout de suite ahah. 

Qu'est-ce qu'un Reverse Harem ?

Jibaku Shounen Hanako-kun - 2020

Le point de départ si l’on veut faire un article sur un genre en particulier, c’est de le définir. Et comme souvent, c’est quelque chose de difficile. En effet, un peu comme le Nekketsu que j’ai traité auparavant, c’est un genre un petit peu barbare qui s’est développé en parallèle des harems classiques. Pour le dire vulgairement, mais néanmoins justement, il consiste en un personnage féminin (souvent censé être banale) qui se retrouve entouré de beaux gosses incroyables qui lui font la cour. C’est aussi simple que ça, c’est un harem, mais « reverse » car c’est avec des mecs autour d’une fille. Mais pourquoi dire que c’est difficile à identifier, alors ? Pour la raison simple qu’il faut en délimiter les frontières entre ce qui est un reverse harem et ce qui n’en est pas un. En effet, qu’il y ait plusieurs mecs autour d’une fille est le point essentiel, mais il y a un contexte à évaluer pour classifier une série comme tel, qui dans certains cas peut rendre ce rangement plutôt complexe. Et fait assez drôle, la plupart de ce que je vais énumérer comme des cas à part, dont je ne reparlerais pas pour parler des différents codes du genre, sont des adaptations de mangas. Et pour expliquer ce souci, je vais devoir expliquer une autre chose mécanique des séries pour filles : la différence entre le reverse harem et la romance. Ça peut sembler débile comme ça, mais c’est assez symptomatique de cette frontière spéciale entre ce qui est de ce qui n’est pas. 

"À l’instar d’une série comme ToAru Majutsu no Index pour les harems où on retrouve tous les codes, l’histoire est trop vaste et trop peu polarisée pour que les gens qui la voient se disent « Eh, ce harem est sympa »."

Un exemple récent intéressant à analyser, c’est celui de Jibaku Shounen Hanako-kun. En effet, la série peut, dans une certaine mesure, être considérée comme un reverse harem, on y retrouve la plupart des codes. Une fille banale, impopulaire, veut un mec et s’aventure dans les toilettes des filles pour parler à un soi-disant fantôme qui peut réaliser les vœux et qui y résiderait. Ce fantôme, c’est Hanako-kun, un mec BG et mystérieux qui s’intéresse à elle et la garde près de lui tout le long de l’anime. Autour de ce duo se rajoutent progressivement un exorciste, Kou Minamoto, et le frère de Hanako, Tsukasa. À partir de 3, on peut la considérer chanceuse la petite. Sauf que personnellement, je ne rentrerais pas cette série dans le reverse harem et pour une raison simple et stupide à la fois, qui est qu’il y a trop de personnages non-intéressés à l’héroïne et d’intrigues parallèles qui ne la concernent pas. À l’instar d’une série comme ToAru Majutsu no Index pour les harems où on retrouve tous les codes (la fille qui tombe amoureuse car le héros l’a sauvé, qui font qu’il en accumule), l’histoire est trop vaste et trop peu polarisée pour que les gens qui la voient se disent « Eh, ce harem est sympa ». Dans Hanako-kun, il y a Natsuhiko qui est intéressé par Sakura, Teru qui osef de l’héroïne, les histoires d’esprits à côté, etc. La série est beaucoup plus orientée sur ce duo entre Nene et Hanako-kun, avec Kou pour le triangle et Tsukasa en élément perturbateur. Donc si les critères sont respectés, il n’est pas à rentrer dans le reverse harem.

Et je vais probablement étonner, mais le même argument prévaut pour Vampire Knight. L’anime se centre beaucoup plus autour de Yuuki et ses histoires avec Kaname et Zero, si les autres gars sont intéressés par elle, c’est trop secondaire et cela a trop peu d’influences sur l’histoire + une certaine présence d’autres personnages féminins. Ce que je vais définir comme Reverse Harem aujourd’hui, ce sont ces séries polarisées autour de l’héroïne, où s’il peut y avoir un mec en avant, on retrouve des traces égales qui ne laissent pas de chances de penser à un triangle amoureux ou une romance avec des éléments perturbateurs. Les codes plus spécifiques seront différents selon les sous-genres, et cela, de bien des manières, que je m’en vais expliquer dans la suite de l’article.

Les terres sacrées : Les Otome Games

Code:Realize - Sousei no Himegimi - 2017

Si l’on peut affirmer que beaucoup de harems que l’on voit être adapté en animes sont des adaptations de light novels, ce fait est très différent pour les reverses harems. Dans les faits, ils sont très rares, voire inexistants, ceux qui sont dans ce cas. L’origine de tout, ce sont les visuals novels, qui se sont déclinés dans un genre cette fois-ci officiel, celui des Otome Games, des jeux au casting majoritairement masculin que les filles doivent séduire au cours de l’histoire. Ça rend la classification de ceux-là assez facile, plus que pour les adaptations de mangas. Que ce soit (attention énumération) Diabolik Lovers, Uta no Prince-sama, Hakuoki, Code:Realize, Amnesia, Kiniro no Corda, Brother’s Conflict, NORN9 ou encore Meiji Tokyo Renka, nous sommes face à des adaptations d’Otome Games. C’est une part non-négligeable du genre, qui en influence particulièrement les structures des adaptations animes, ce qui vaut bien de lui dédier une partie. Pour les plus nouveaux d’entre vous, les visuals novels sont un type de jeu narratifs qui consiste en des dizaines d’heures de lectures et où l’on peut faire des choix pour modifier l’histoire, selon les VNs (certains ne le permettent pas, comme Umineko no Naku Koro ni qui n’est pas un Otome, mais que je cite pour l’exemple). Dans le cas des Otome, il est évident de dire que chaque route possible, ou pour simplifier chaque fin accessible et ce qui la précède, constitue l’arc narratif d’un des personnages masculins, qui est celui que la joueuse aura plus ou moins choisi au préalable. Et là, on rentre dans la joie qui sied à toute adaptation de Visual Novel et qui est plus ou moins la cause de l’échec d’un certain nombre d’entre elles : concilier les multiples routes en un seul anime. Cette problématique touche, comme vous pouvez le conclure, la majorité des animes de Reverse Harem.

"Des séries comme Uta no Prince-sama, Meiji Tokyo Renka ou Diabolik Lovers gardent une certaine neutralité grâce à leur nature de jeux à routes où la route est vraiment centré sur LE personne qu’on choisit et la relation qu’a l’héroïne avec lui."

Dans les Otome Games, on peut retrouver un cas de figure majeur, non-unique, mais on va se recentrer sur lui. Il s’agit des jeux où on choisit sa route dès le départ. Au début de sa partie, le joueur choisit la route de quel personnage il veut effectuer parmi différents choix, et au fil de l’achèvement des routes disponibles, de nouvelles sont débloquées (souvent celle du gars principal à la fin). Ici, on peut tomber dans deux cas, qui rendent l’affaire plus ou moins compliquée. Des séries comme Uta no Prince-sama, Meiji Tokyo Renka ou Diabolik Lovers gardent une certaine neutralité grâce à leur nature de jeux à routes où la route est vraiment centré sur LE personne qu’on choisit et la relation qu’a l’héroïne avec lui. Il est alors « simple » de l’adapter grâce à ce choix qui sied bien à l’aspect publicitaire de l’animation japonaise, c’est à dire le format « un épisode = la route d’un personnage » qu’on voit dans chacune des séries citées, afin de présenter brièvement toutes les routes et leurs aboutissements, en trouvant le moyen de les relier et apporter une vraie conclusion à chaque saison pour l’ensemble (notamment pour Meiji Tokyo Renka dont l’anime possède une véritable fin). Ce format est également gardé pour les Reverse Harem originaux comme Dance with Devils (qui possède le même créateur de Diabolik Lovers d’ailleurs, on reparlera de ça) et Magic-Kyun Renaissance où, si une histoire globale existe et progresse, on retrouve cette logique de chaque mec possède son propre épisode.

"Mais dans les Otome Games, c’est impossible de fonctionner de cette manière puisqu’il s’agit de concilier plusieurs histoires individuelles chacune centrées sur un personnage, et non d’une histoire continue."

Cette logique épisodique, elle est beaucoup plus marquée que dans le harem, notamment grâce à la différence entre les VN et les mangas/LN. Dans une œuvre continue comme les mangas et LNs, chaque personnage possède une introduction, souvent étant son propre arc, puis reste dans le groupe de manière permanente, ne donnant pas cette impression d’épisodique. C’est même le cas dans Akatsuki no Yona pour les reverse harems adaptés de mangas. Mais dans les Otome Games, c’est impossible de fonctionner de cette manière puisqu’il s’agit de concilier plusieurs histoires individuelles chacune centrées sur un personnage, et non d’une histoire continue. Quand ces histoires sont mises au service d’une intrigue plus ambitieuse, pour revenir au sujet, on obtient des cas comme NORN9 ou Code:Realize où on a quand même une logique épisodique, mais mesurée autour de ce que chaque route est censée apporter à l’intrigue globale, afin d’obtenir une adaptation correcte et cohérente de l’histoire qui possède, dans ces cas là, des proportions, révélations et un univers qui dépassent la simple idée de jeux de drague (comme on peut le dire de Rewrite pour les harems, qui a également été adapté avec cette logique-ci). Bref, la logique épisodique, peu importe sa mise en scène, régit une grande partie des Reverse Harem à cause de cette source d’origine, et il est important d’en comprendre les enjeux pour comprendre leur omniprésence. Au stade où en est le genre en animes, on peut qualifier cela de code, d’une certaine manière.

Un exemple assez unique qui est rigolo à citer (je précise que je ne l’ai pas vu en pratique, mais j’en ai connaissance), c’est celui de l’anime Amnesia. Une spécificité de cet Otome Game, c’est que chaque route change totalement l’intrigue et le rôle des personnages dans l’histoire, ils ne sont même plus mis au service d’un lore commun, en tout cas un facile à adapter. Une œuvre aussi spéciale à adapter dans une logique épisodique comme l’exige plus ou moins le genre, cela donne un résultat approximatif et incomplet, qui donne sa (très) mauvaise réputation à l’anime Amnesia.

Les sous-genres de Reverse Harem

Comme tout genre, on peut ranger les animes de Reverse Harem dans de nombreux sous-genres. Bien évidemment, il existe des inclassables, mais il y a beaucoup de choses à observer dans ces différences flagrantes, au-delà du format épisodique que nous avons relevé dans la majorité des cas, et qui peuvent indiquer en soit des phénomènes intéressants et des différents publics.

La comédie

Ouran Koukou Host Club - 2006

Ça ne devrait pas être considéré comme un sous-genre à part entière, mais je vais le traiter comme tel pour une raison assez spécifique, qui est celle que c’est probablement la catégorie la plus accessible pour un public masculin, ou plutôt pour un public réfractaire. Ce sont ceux, avec les reverse harem d’aventure (dont on reparlera plus tard) qui sont les plus susceptibles d’acquérir, en anime, une réputation positive sur un public généraliste et non seulement chez ses cibles (en VN, Code:Realize a une très bonne réputation par exemple, qui n’est pas le cas de l’anime). Et en effet, là où les procédés sont les mêmes pour draguer la fille, elles manifestent souvent un désintérêt relativement profond pour ces beaux gosses qui essayent de la draguer. On retrouve surtout les comédies reverse harem, qu’on pourrait presque qualifier directement de parodies, en manga. Dans le cas de Ouran Koukou Host Club, l’héroïne au look très masculin se voit engagée comme Host dans un club de son lycée où elle doit, à côté d’Apollons, divertir les filles qui viennent prendre le goûter avec eux. Chaque garçon adopte une personnalité différente, afin de pouvoir satisfaire tout leur public féminin. C’est une série clairement remarquable, et appréciable par n’importe qui, grâce à son jeu avec les codes de la séduction et ce qui fera vibrer le cœur des filles et mènera à l’aventure ou la thématique de l’épisode, mais également grâce au développement personnel de ces Hosts qui se complexifie puisqu’ils tombent comme des mouches aux pieds d’une Haruhi Fujioka complètement à côté de la plaque qui les calcule à peine comme des bons potes. Cet anime, plus complet, plus autodérisoire, a pu obtenir à son époque une popularité remarquable et encore aujourd’hui une des plus hautes de sa catégorie.

Ce désintérêt de la fille pour les mecs, qui fait la marque de la parodie de genre, on la retrouve également dans une autre adaptation de manga, Kiss Him Not Me. Dans cette œuvre, l’héroïne ignore délibérément les avances de ses prétendants pour une raison simple : elle a plus envie de les voir entre eux qu’avec elle. Parce-que c’est une pure Yaoïste. Et ce comportement fait qu’elle est limite plus proche de sa pote Nishina, qui partage son intérêt pour les relations homosexuelles masculines avec elle, que des mecs qui sont pour elle juste des potes pour qui elle souhaite qu’ils deviennent des véritables acteurs de ses fantasmes. Cette série, jouant entre la cour du reverse harem et la cour du fantasme Yaoi délibéré, a elle aussi lors de sa diffusion acquis une certaine popularité générale (malgré son pitch de base, dont on reparlera dans une partie ultérieure, oui, je remets beaucoup de choses à plus tard!). On peut conclure de cette partie que le sous-genre de la comédie/parodie est un des plus fonctionnels puisqu’il arrive à la fois à plaire à son public cible et un public réfractaire qui peut surtout rire des situations absurdes, et du côté désinvolte de l’ensemble (et les quelques situations sérieuses que ça peut engendrer, surtout dans les épisodes finaux de Ouran Koukou Host Club).

Les Idols

Uta no☆Prince-sama♪ Maji Love - 2011

Une observation assez intéressante quand on regarde les harems et les reverse harems, c’est de remarquer la plus forte tendance à utiliser les Idols masculins comme des persos des harems, contrairement aux Idols féminines. Quand on regarde les animes d’Idols, comme Love Live, Wake Up Girls !, plus récemment 22/7, et même The Idolm@ster dans une certaine mesure (puisqu’il a quand même un protagoniste masculin qui sert de fil conducteur), on remarque que les histoires de harems sont inexistantes dans cette catégorie, les histoires sont plus souvent centrés sur leur parcours en lui-même, leurs relations en tant que groupe, sur elles-mêmes entre filles. Il est tout à fait possible qu’une Idol se glisse dans un harem (Miku de Date a Live), mais ça reste des cas individuels dans les animes concernés.

Les Reverse Harem, eux, sont beaucoup plus propices à faire évoluer des Idols masculins avec une fille à leur côté qui les aide à évoluer dans leur psychologie, leur carrière, leur entente de groupe, et bien sûr, développer une relation amoureuse avec elle. Si cette évolution peut être discrète comme dans B-Project, qui est plus proche d’Idolm@ster, elle est beaucoup plus marquée dans l’emblème du style (qui se tape quand même 4 saisons), Uta no Prince-sama. Utapri, c’est un archétype complet du reverse harem, ce qui en fait à la fois la force et la faiblesse. Mais on ne va pas parler de ça maintenant. Je vais tricher ici, et englober deux autres séries plus particulières, mais qui soutiennent le même ensemble : les séries sur des artistes en général, à savoir Magic-Kyun Renaissance et Meiji Tokyo Renka. Si l’on met à part ce dernier, une particularité d’ensemble qui est logique, ici la même que sur la plupart des séries d’Idols, c’est la présence de chansons à chaque épisode, mettant à la fois en valeur le personnage associé et le seiyuu (comédien de doublage). On retrouve systématiquement une chanson commune aux personnages vers la fin, pour montrer leur unité en tant que groupe. C’est ici encore une fois un héritage de l’aspect épisodique, là où il est tout à fait envisageable d’avoir un épisode entier de Love Live ! sans chanson, c’est complètement improbable de voir un épisode d’UtaPri sans performance vocale, il doit y en avoir, mais quasiment pas sur les 4 saisons, et ça en partie, car chaque épisode doit développer son personnage dédié, et cet accomplissement passe par la chanson, que ce soit cohérent en contexte (chanson Disney-tier) ou pas. La saison 3 d’UtaPri gère très bien cette problématique, puisque les mecs doivent collaborer par petits groupes pour des chansons pour des objectifs divers, comme réaliser une pub, et le thème de l’épisode consiste à l’entente entre ces différents personnages qui doivent coopérer pour créer la chanson, qui est l’accomplissement de l’épisode puisque son objectif interne.

"Puisqu’il est impensable qu’une vraie Idol ait une relation, il est impensable de le représenter pour une Idol d’anime, ou alors il faut le faire de manière plus discrète et dans des conditions plus particulières."

Dans ces séries, l’héroïne a plus un statut de support, qui aide les personnages à retrouver l’inspiration ou résoudre leurs problèmes personnels (particulièrement dans Magic-Kyun où c’est littéralement ça, comme Aoi qui retrouve l’inspiration pour ses calligraphies grâce à Kohana). Cela peut prendre des formes diverses, puisqu’elles sont officiellement parties du staff de support pour UtaPri où elle écrit leurs chansons, et manageuse dans B-Project. Dans Magic-Kyun, Kohana a d’ailleurs son histoire personnelle, autour de son talent pour l’arrangement floral (lol).

Ce qu’on peut donc conclure sur ce sous-genre, c’est son étonnante existence par rapport à son homologue féminin, lui parfaitement absent. Une théorie probable (dédicace à Azuki pour l’idée!), c’est que les Idols féminines au Japon sont véritablement des Idols dans le sens où la pureté est quelque chose de très important et qu’elles sont idéalisées, elles ont même l’interdiction d’avoir des partenaires amoureux pour ne pas compromettre leur popularité auprès du public masculin qui rêve de sortir avec. Puisqu’il est impensable qu’une vraie Idol ait une relation, il est impensable de le représenter pour une Idol d’anime, ou alors il faut le faire de manière plus discrète et dans des conditions plus particulières (comme Miku dont je parlais plus tôt, qui est une sorte d’entité d’une dimension parallèle, donc qu’elle traîne avec le héros qui est censé gérer ces entités, ça passe). Petite parenthèse pour dire que cette interdiction, ce tabou, est également un vecteur de fantasmes importants qui fait qu’il est largement plus probable de croiser une relation sexuelle avec une Idol dans un hentai ou un doujin, que de croiser une relation amoureuse, harem ou non, avec une Idol en personnage. Au contraire, pour un homme dont les valeurs de masculinité passent par la séduction et la maturité amoureuse, il est beaucoup plus acceptable de les voir traîner avec une (voire plusieurs) fille qui les soutiendrait et envers laquelle ils seraient vraiment amoureux ramenant alors des valeurs de fidélité sur la table envers l’héroïne qui est la « spéciale », efficace pour l’identification (rejoignant l’archétype du BG qui se chopait toutes les filles faciles et qui trouve en l’héroïne le véritable amour, trope courant, c’est Ren dans UtaPri ou Keith dans HameFura). Les valeurs de virginité et de préservation étant beaucoup plus importantes historiquement et socialement chez les femmes que chez les hommes, cela peut expliquer ce décalage et l’existence de ce sous-genre dans le reverse harem, et pas dans le harem.

Aventure/Politique

Saiunkoku Monogatari - 2006

Surtout adaptés de mangas ou de romans, on peut retrouver des cas de séries considérables comme Reverse Harem, mais qui obtiennent une très forte popularité grâce à leur world-building. Ces séries, comme les comiques, mais à une échelle encore plus importante, jouissent d’une popularité globale florissante, et d’une reconnaissance réelle dans leur média (même si pas forcément très connues). Les deux exemples majeurs sont Akatsuki no Yona et Saiunkoku Monogatari. Ces deux œuvres possèdent plusieurs points communs qui peuvent permettre de faire ressortir leurs qualités qui leur donnent ce rayonnement. Tout d’abord, le Reverse Harem, s’il est existant, n’est pas un point majeur de l’intrigue, on peut même dire que c’est secondaire, comme pour ToAru Majutsu no Index pour reprendre l’analogie de début d’article. Cependant, et c’est surtout le cas de Yona, ce n’est pas pour autant un aspect négligeable. On parle d’une jeune fille qui voyage avec une demi-douzaine de BGs et la plupart peuvent se battre pour savoir qui va dormir dans sa tente quand on en vient aux parties comiques de l’œuvre, entre les arcs narratifs sérieux. Ils ont tous plus ou moins un certain intérêt pour elle, à part peut-être Zeno. Pour le cas de Saiunkoku, c’est plus complexe puisque les hommes sont concentrés dans l’environnement autour de l’héroïne, plutôt que dans un groupe restreint qui voyage avec elle. D’autant plus que c’est une œuvre qui parle justement d’une fille qui s’impose dans un environnement exclusivement masculin, ici celui des fonctionnaires d’états dans un pays inspiré de la Chine médiévale. Face à Shuurei, une fille si unique en son genre, avec un fort caractère et des ambitions profondes, ils vont tous craquer un à un pour elle. Et c’est là qu’on peut vraiment entrer dans ce qui démarque ce sous-genre des autres.

"En plus de leur univers plus développé, leurs intrigues politiques et/ou militaires, les histoires de trahisons, ce sont surtout des œuvres qui parlent d’indépendance, pour qui le personnage principal est un sujet à part entière."

Dans ces deux œuvres, et probablement d’autres si l’on se penche sur les mangas et non seulement les adaptations animes, l’héroïne possède une place plus particulière puisqu’elle est le centre de l’histoire et les hommes qui gravitent autour n’en sont pas le cœur, comme cela pourrait être le cas dans un Otome Game. La logique épisodique est complètement absente, contrairement à tous nos précédents exemples, puisque les mangas/romans sont des œuvres continues, en tout cas pour ceux-ci. En plus de leur univers plus développé, leurs intrigues politiques et/ou militaires, les histoires de trahisons, ce sont surtout des œuvres qui parlent d’indépendance, pour qui le personnage principal est un sujet à part entière. Pas que les œuvres précédentes l’héroïne est un outil (ça, on y vient après), mais ce n’est pas aussi marqué. Yona est une héroïne au départ naïve, protégée dans sa bulle de princesse pure et innocente par un père peureux et pacifiste au possible, et qui après la trahison de son amour d’adolescente (son cousin, d’ailleurs), se voit forcée de fuir et voyager à travers le pays. Elle doit évoluer, se renforcer, faire face au monde qui l’entoure, c’est le personnage qui évolue le plus au fil de l’œuvre, qui trouve son indépendance, apprend à manier l’arc pour ne plus avoir besoin des beaux gosses pour la protéger en toute circonstance, et en vient à faire d’elle-même des alliances ou des plans pour sauver des situations. En partant de petite princesse fragile. Shuurei, elle, est dès le départ une forte tête. Elle refuse un mariage avec le prince de l’Empire où elle habite par volonté de vivre par elle-même et être utile à son pays, elle souhaite devenir fonctionnaire même si elle est une femme et que c’était interdit à la base, les métiers de hauts rangs étant réservés aux hommes. Mais au fur et à mesure, elle va réussir à obtenir ce qu’elle veut et monter dans la hiérarchie grâce à ses connaissances et compétences, les personnages masculins étant des collègues sur qui elle peut compter (ce qui est une place tout à fait logique) plutôt que des gens sur qui elle se repose en permanence.

"Si dans les comédies, la base vient du fait que l’héroïne ignore complètement les gars, ici on tient plus du fait qu’on souhaite montrer qu’une femme peut évoluer sans hommes, tout en gardant cet aspect Reverse Harem."

Dans ces deux cas, ce qu’on peut relever qui est assez ironique, c’est qu’on retrouve exactement le même schéma que pour les comédies, à savoir une héroïne qui ignore complètement les avances et les sentiments des hommes qui l’entoure. Pourtant, ici, nous sommes dans des cas beaucoup plus permissifs. Si dans les comédies, la base vient du fait que l’héroïne ignore complètement les gars, ici on tient plus du fait qu’on souhaite montrer qu’une femme peut évoluer sans hommes, tout en gardant cet aspect Reverse Harem d’avoir la bande de beaux gosses qui veulent la séduire ou qui s’intéressent à elle. Et pourtant, ici les romances/relations intimes sont beaucoup moins prohibés. Les scènes réellement romantiques sont présentes dans Yona, notamment autour du personnage d’Hak, et le moteur du Reverse Harem tient surtout du fait que l’héroïne a beau durcir dans ses résolutions, elle garde une certaine naïveté vis-à-vis de l’amour et ne remarque pas spécialement quand on lui fait des avances, au grand damn de Jae-Ha dont le rentre-dedans complet passe totalement inaperçu. La même chose est présente dans Saiunkoku dans la mesure où il y a effectivement un arc narratif où une relation intime s’installe entre Shuurei et un personnage (je n’en dis pas plus eheh). La dynamique est donc complètement différente. Si ce sont ouvertement des Reverse Harem, ce sont des séries largement appréciables par tout le monde, pour leurs intrigues et leurs héroïnes fortes, indépendantes, véhiculant des valeurs plutôt féministes, surtout dans Saiunkoku Monogatari où l’évolution n’est pas que morale, mais également sociale. Cela mérite de les mettre à part dans un ensemble.

Les Rejet

Diabolik Lovers - 2013

J’ai dit qu’on allait faire l’inverse, et bah allons-y. Les œuvres du créateur Rejet. Et une fois n’est pas coutume, commençons directement par parler de l’héroïne. Yui Komori, archétype de la vision qu’ont les gens de l’héroïne de reverse harem, est ce qu’on appelle dans le milieu un « pot de fleur ». Jeune fille mignonne et innocente, elle se retrouve à loger avec une fratrie de vampires séducteurs et beaux comme pas possible qui ont décidé de jouer avec elle et d’en faire leur réserve de sang personnelle. Eh oui, on entre dans le bitlit, le total reversal, l’œuvre pour jeune fille soit émo soit masochiste, qui aime qu’on la maltraite ou du moins un statut différent des précédents. Fini les filles indépendantes, ou même les relations artistiques complémentaires qui finissent en relations amoureuses, ici la fille est désirée par les hommes car c’est la fille (en tout cas en premier lieu) et ils s’amusent avec elle. L’héroïne est impuissante, incapable, résiste à peine aux avances de ces vampires et finit complètement soumise à leur domination. Et oui, on est dans Diabolik Lovers. Cas extrême, pourtant jugé généralité par les méconnaisseurs, Yui est une héroïne pour le moins atroce en tant que telle, mais parfaite pour accomplir les fantasmes de ces filles qui au fond se plaisent dans leur masochisme. Bien sûr, je dis ça sans jugement, c’est juste les faits que c’est la cible de cette œuvre, eheh.

"Dans cette œuvre, ambassadrice du genre en anime, la vision de la femme est assez particulière puisque ramenant à une vision soumise et impuissante, se mêlant au côté occulte qui a amené la popularité du bitlit aujourd’hui, notamment à travers Twilight en Occident."

Cette œuvre pour le moins unique, mérite sa catégorie pour plusieurs raisons, et la première, qui fait que j’ai parlé au pluriel jusque-là, c’est l’existence de Dance with Devils, son équivalent avec des démons. Si l’œuvre est bien meilleure, plus centré sur son histoire, l’héroïne plus résistante (même si elle a toujours besoin de se faire sauver!), on reste dans cette dynamique de fille plus ou moins soumise au final, même dans les relations plus romantiques qui en découlent. C’est du coup assez difficile de développer sur ce sous-genre. Néanmoins, il est intéressant d’en tirer certaines informations. Tout d’abord, Diabolik Lovers est presque le plus connu des reverse harem reconnus comme tel (donc au-delà d’un Akatsuki no Yona par exemple), et ce sens, l’influence qu’il a sur la vision que les gens ont de ce genre est important. Un peu comme un Nisekoi peut être considéré comme un archétype du harem non-Ecchi, et peut remplacer la vision de Harems plus réputés comme Kaminomi ou plus spéciaux comme les Monogatari Series (dans une certaine mesure) dans la vision de ce qu’est le genre harem en général, cette série de vampires montre un aspect assez péjoratif du genre qui, s’il n’est pas forcément glorieux en anime, a quand même des choses à offrir. L’idée est assez simple à comprendre. Dans cette œuvre, ambassadrice du genre en anime, la vision de la femme est assez particulière puisque ramenant à une vision soumise et impuissante, se mêlant au côté occulte qui a amené la popularité du bitlit aujourd’hui, notamment à travers Twilight en Occident. Ce mouvement assez important à une époque, se retrouve donc dans les deux œuvres de Rejet, avec plus ou moins de subtilité. Si ce n’est pas forcément un mauvais aspect, puisqu’au service d’un fantasme particulier et donc ne montrant pas un aspect systématique de « femme = incapable », il est néanmoins… dangereux ? s’il se généralise. Dans DiabLo, les remarques comme « Truie » ou « Bitch-chan » fusent, et on en arrive à des cas d’empoisonnement (coucou Reiji) impunis qui sont assez comiques quand on les regarde d’un second degré, mais assez chauds au premier. Tout ça pour dire deux choses sur Diabolik Lovers : ne pas prendre cette œuvre comme une généralité, et pourtant ne pas l’ignorer. C’est une œuvre majeure si l’on veut étudier un minima le Reverse Harem en anime, de par son rayonnement culturel sur le genre, sa vision péjorative assez unique, et la vision d’ensemble qu’il permet d’avoir. Et aussi les trucs genre Reiji qui paralyse la MC en mettant du poison dans son verre ! 8)

(Par contre, Dance with Devils c’est vraiment cool).

Quelques autres spécificités du genre

Kamigami no Asobi - 2014

J’ai parlé des origines de la plupart des Reverse Harem, du format épisodique, des sous-genres, du traitement de l’héroïne dans ces mêmes sous-genres (et qui est sinon variable, mais je peux pas tous en parler puisque de base je n’ai pas tout vu), mais il me reste quelques points à traiter, que je vais travailler ici.

Tout d’abord, il y a une observation que je pense importante à faire pour comprendre le genre du Reverse Harem, et c’est la prévalence du statut social des personnages masculins. Ça peut sembler bizarre dit comme ça, mais vous allez comprendre. Dans un harem, on a beaucoup, beaucoup de cas d’œuvres qui se passent en milieu scolaire (que ce soit réaliste comme Nisekoi, ou surnaturel comme par exemple Date a Live), ou dans un univers réaliste. Les dénominateurs qui rendent étonnant le fait que les filles s’intéressent au MC, c’est qu’elle est « la plus belle », « la plus forte », machin truc, des filles populaires pour des raisons X ou Y en somme. Même dans des cas surnaturels, il n’y a pas cette histoire de statut. Au mieux, cet aspect incroyable peut prendre la forme des Harem Monster Girls. Mais quand on regarde l’ensemble du corpus des Reverse Harem, on se rend compte que cet aspect « Mecs incroyables qui s’intéressent à une fille random », il est poussé super loin et de manière bien plus systématique. Les Idols, les personnalités historiques, les dragons, les vampires, les DIEUX, les élites de l’administration, … Même quand on retrouve souvent des cas de fille riche dans les harems, dans Ouran Koukou Host Club, c’est le cas de tous, alors que l’héroïne est une des seules pauvres de l’école. Si le statut supérieur des filles sur l’homme dans un harem tient souvent d’un élément mental ou physique, pour les Reverse Harem, la supériorité des hommes sur la fille supposée lambda tient presque toujours de quelque chose de moins abstrait, de plus social, ce sont des personnalités célèbres ou des créatures supérieures. Ce phénomène serait plutôt complexe à analyser, mais il est très remarquable une fois qu’on a l’idée en tête. Les Reverse Harem ont cette tendance à montrer le statut du mec comme d’origine quelque chose d’inatteignable par nature, car par définition supérieurs au personnage féminin (parallèle de la fiction avec la vision sociale ?), et qui pourtant est démontré comme faux puisque la fille arrive à intéresser ces gars . Quelque chose de plus social et moins personnel. Au stade où cela est répandu, on peut parler de spécificité du genre, même s’il y a des contre-exemples (comme NORN9).

Un autre fait intéressant, c’est que l’on revoit souvent les mêmes doubleurs. Cette spécificité fait partie du package avec les Otome Games. La tendance à produire des Drama CD est bien plus importante pour les Reverse Harem, et les doubleurs de personnages de ce genre sont souvent amené à travailler en parallèle sur ces deux formats, ce qui n’est pas forcément ce qui les intéresse. Hirakawa Daisuke est un exemple de cela (encore merci Azuki pour l’exemple!). Il ne double pas pour tellement d’animes, mais travaille beaucoup pour des dramas CDs. Et même quand il double pour des animes, il finit sur du Free ! donc pour ce que ça change, eheh. Après, la question que l’on peut se poser, c’est pourquoi ces deux formats sont aussi liés. De la même manière, les nombreuses occurrences de chansons dans les Reverse Harem (Dance with Devils s’articule également comme une comédie musicale) et il y a le fait que leur domaine fleurit dans les Otome Games, qui sont des œuvres doublées, et non dans les LNs ou mangas comme c’est le cas des harems. Est-ce que les filles accordent une plus grande importance à la voix de leurs fantasmes que les hommes, ce qui expliquerait pas mal de différences au niveau du traitement et des origines de ces deux genres ? À creuser ! (Mais moi je peux difficilement le faire).

D’ailleurs pour le plaisir, un petit extrait musical, puisque ma partie sur la musique s’intègre mal une fois écrite, je ne pouvais pas le faire naturellement, mais je fais ce que je veux de mon article !

Les problématiques/dérives

Kiss Him Not Me (Watashi wa Motete Dousunda) - 2016

Bienvenue dans la partie chiante. Mais il y a également 2/3 choses à dire sur les problèmes autour du genre autre que ceux mentionnés plus haut. Et pour ça, même si c’est un cas unique, il est important de faire ressortir une affaire assez parlante qui est celle de l’anime Kiss Him Not Me. Au-delà de la comédie dont nous avons parlé plus haut, un aspect plutôt problématique, facilement ignorable mais pas inexistant, se greffe au propos de l’œuvre. Réinvoquons ce que j’avais mis de côté : le pitch de base. On suit donc Kae Serinuma, jeune fille obsède otaku yaoïste que tous les mecs ignore à part son pote de club d’Histoire et son senpai, Asuma (best guy). Le jour où elle tombe en dépression à cause de la mort de son personnage d’anime favori, elle maigrit soudainement et plus personne ne la reconnaît. Et c’est là qu’elle commence à séduire des mecs. Et là, tu te poses une question qui a traversé justement directement ceux qui ont drop ep1 : c’est pas grave misogyne comme manière de penser ? Dès que la fille devient belle, les mecs lui sautent dessus. C’est réaliste mais assez frappant. Cela dit, ce n’est pas cette partie qui enfonce le clou. Dans un épisode ultérieur de l’anime, l’héroïne regrossit temporairement, et les garçons doivent donc faire avec le fait qu’ils ont dragués une fille moche devenue jolie puis redevenue moche. Et si certains y arrivent (ce qui est pas plus mal, parce que ça peut donner le message qu’il suffit de connaître la personne pour en tomber amoureux, et que l’apparence est secondaire), bah, il y en a qui y arrivent pas. Et à la fin de l’épisode (ou début du suivant, je ne sais plus, pas important), baaahhh, elle redevient jolie et c’est mis de côté et tout le monde est content. Et là, tu te dis qu’il y a quand même un truc un peu chaud dans cette affaire. Et là, on tombe dans un truc assez symptomatique des Reverse Harem, et qui est bizarrement beaucoup moins présent dans les Harems, en tout cas dans une moindre mesure.

"Il peut arriver que le fait d’être une fille mignonne prévale aux actions qu’elle effectue pour justifier le premier rapprochement entre les protagonistes."

Dans les harems, les filles tombent amoureuses du MC une à une, mais à chaque fois il y a des raisons spécifiques, même si c’est parfois des trucs complètement randoms, il y a toujours ce truc qui fait qu’elle se dit « Finalement c’est un bon gars » et qu’elles commencent à essayer de rentrer dedans. Mais ce n’est pas forcément le cas dans les Reverse. Il y a beaucoup plus de cas de mecs qui tombent amoureux de la fille car c’est la fille. Ce n’est pas systématique non plus, notamment dans les séries Idols, mais dans Meiji Tokyo Renka, dans les Rejet (Dance with Devils encore plus pour le coup, vu que Ritsuka est une entité dont ils ont besoin pour accomplir un truc mais ils jouent avec car c’est une fille dans un premier temps), et vous l’avez compris, dans Kiss Him Not Me, il peut arriver que le fait d’être une fille mignonne prévale aux actions qu’elle effectue pour justifier le premier rapprochement entre les protagonistes. Et selon le point de vue, on peut trouver cet aspect problématique car valorisant l’apparence, le physique, par-dessus la personnalité, en tout cas pour la première rencontre, puisque après le rapprochement sincère se fait. Mais c’est ce rollback de Kiss Him Not Me sur ce propre thème qui rend le cas à la fois intéressant, mais aussi assez vénèr niveau « Si t’es moche, t’es seule 😉 ». Bien sûr, tout ça est à relativiser, mais cet article ayant pour objectif de donner une vision d’ensemble de ce genre aux néophytes, c’était intéressant de mentionner tout cela.

Conclusion

Meiji Tokyo Renka - 2019

Les Reverse Harem sont un monde complètement à part de celui des harems, sur tous les plans. Ses origines, ses mécaniques, son format en anime, les implications sociales qu’il engendre, tout un tas de choses sont très différentes et pourtant pour le moins, ne manquent pas d’éléments intéressants. Ce domaine, relativement ignoré, est pourtant à sa manière un pan non-négligeable de l’animation japonaise, et s’adresse à un public féminin qui n’a pas les mêmes demandes, exigences, et qui peut aussi vouloir son environnement de BG qui différencie la romance du harem. Ces mécaniques différentes font partie de ce qui fait que personnellement, j’ai un plus fort intérêt pour les Reverse Harem que pour les harems. C’est étrange à dire, mais malgré les failles du genre, il y a quelque chose de plus sincère dans les relations qu’ont les personnages. Que ce soit les voyages et aventures qui marquent Yona et Saiunkoku, cette complémentarité qui permet à la fille d’aider ses camarades à évoluer vers des nouveaux sommets comme dans UtaPri (surtout sur la saison 1 qui est la meilleure, plus variable sur les suivantes), ou même ces arrangement comiques de la fille qui osef qui sont beaucoup plus fréquents et assez drôles, je trouve ça plus simple de s’attacher aux personnages et à leurs relations si on n’est pas réceptif à l’archétype. L’absence de Ecchi pour fille (elles ont Free ! pour ça) donne également plus de places aux relations intimes, qui si elles peuvent avoir un aspect physique selon les personnages, gardent souvent plus de place pour ce qui rapproche les personnages en soit puisque résumés d’une route entière de tension amoureuse des Otome Games où la finalité est de finir avec CE personnage, sans laisser un doute artificiel comme dans certaines comédies romantiques. C’est ce prisme, à la fois plus distant et plus intime, qui fait la force des Reverse Harem, et leur différenciation d’œuvres plus continues comme les harems, également bien plus lentes à cause de leurs formats par chapitres dans les cas comme Nisekoi ou We Never Learn qui donne beaucoup plus d’importance à des tonnes d’histoires sans importance sans aller à l’essentiel, à ce qui crée vraiment un lien. C’est pourquoi je voulais, avec cet article, redonner ses lettres de noblesse à ce genre sous-estimé, à tort ou à raison à vous d’en juger, et en parler plus en profondeur. J’espère que la mission est accomplie, et que vous aurez appris ce qui fait, aujourd’hui, le monde des Reverse Harem en anime.

One Reply to “Le Reverse Harem : ses origines, ses spécificités, ses problématiques”

  1. Franchement le Reverse Harem c’est un sujet que je connaissais très peu et auquel je m’étais pas vraiment attardé jusque là et je me rends compte que c’est un thème sur lequel j’avais surtout pas mal d’aprioris sans vraiment connaitre, du coup j’ai trouvé cet article vraiment intéressant et ça m’a même donné envie de me pencher un peu plus sur le sujet. Surtout que t’as soulevé certaines pistes de réflexion auxquels j’avais jamais vraiment réfléchi avant donc c’est très cool

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