AAH, que de nostalgie quand on parle d’un personnage aussi clivant que Light Yagami

Durant mon aventure otakuesque, j’ai eu l’occasion de constater à maintes reprises les critiques portées sur Death Note.
Je ne suis pas d’accord avec cet avis, du coup, je vais essayer d’être l’avocat du diable.
Le but de ce focus est de reglorifier le mal à travers Light.

 1/ Antagoniste et protagoniste

Je tiens le scoop du siècle, en effet c’est Light Yagami le protagoniste de l’histoire et pas L. (sarcasme – lol)

Je sais que dit comme ça parait trivial, mais dans le subconscient de beaucoup ce n’est pas Light, mais L.

Ils n’acceptent pas que l’histoire soit racontée du point de vue de Light et que par extension cela nous pousse à nous ranger du côté de ce dernier.

Ils préfèrent donc camper du côté du bien et de ce « qu’ils considèrent comme juste » à savoir L.

C’est ce qui explique en partie la déception d’une majorité de fans de l’anime après l’épisode 25.

Je croyais que l’anime avait réussi à renverser la balance entre le bien et le mal. Je me rends compte que ce n’est malheureusement pas le cas.

Plusieurs spectateurs n’ont pas pu se détacher de l’approche classique, celle du politiquement correcte…

Pourquoi je vous parle de cela ? Eh bien tout simplement parce qu’une partie de la haine adressée à Light provient de ce choix de base d’inverser les rôles entre protagoniste et antagoniste.

En soit c’est un excellent choix de la part des mangaka, malheureusement, ils n’assument pas jusqu’au bout. Ils nous sortent une fin discutable avec un retournement de veste monumental où c’est le bien qui l’emporte.

J’aurais personnellement adoré voir une victoire finale de Light avec l’aboutissement de sa logique appliquée sur le long terme. Histoire de voir s’il va arracher la racine du mal de l’humanité.

2/  Carnet de la mort – Death Note

Élément surnaturel phare que l’on découvre au tout début de l’anime, la coïncidence (ou pas?) fait que le Death Note atterrit dans le lycée ou se trouve Light. 
Ce dernier le remarque lors de sa chute et est le premier à la ramasser.

Rien que cette séquence titille notre curiosité, peut-on vraiment parler de coïncidence ? Vraiment ? Ne peut-on pas y voir une main divine ou une prédestination, un unmei fatidique qui fait que Light est en possession du Death Note ? Peut-on considérer cela comme la volonté d’un être suprême de nettoyer la vermine du monde en donnant à un personnage assoiffé de justice l’outil avec lequel il pourra assouvir sa soif ?
Ryuk a d’ailleurs répondu très tôt à cette question en réfutant une quelconque prédestinée, mais surtout une coïncidence. J’y crois moyen, mais passons.

Se pose une autre question fondamentale, qui aurait pu utiliser le Death Note à son plein potentiel autre que Light ?
Qui aurait eu l’audace, la force mentale d’assumer le fait d’éliminer la vermine du monde pour le bien d’autrui ?

Qui aurait supporté la souffrance morale de sciemment tuer ?

Je ne connais personne d’autre que Light qui aurait pu le faire (dans l’univers du Death Note).

Comprenons-nous bien, ce qu’il fait est « condamné par la loi ». Seulement, on a le droit de se poser quelques questions annexes : 

Est-ce que la vermine éliminée a contribué au bien-être de l’humanité ? Oui.
Est-ce que le taux de criminalité a baissé ? Oui.
Est-ce que Light est un tueur en série ? Oui.
Est-ce que la population mondiale vit dans une paix factice ? Peut-être.
Est-ce que la fin justifie les moyens ? À mon humble avis, oui. Aussi cruel que cela puisse paraître dans quelques cas, c’est parfois un mal nécessaire.
D’ailleurs, on peut dire que l’avènement de Kira est un mal nécessaire à l’humanité.
Est-ce que l’humanité va changer pour autant après la mort de Kira ? Non.
Tout simplement parce que l’humain est comme ça, il n’apprends que très peu de ses erreurs. Peut-être est-ce génétique et qu’il faudra analyser notre ADN.

3/ Personnalité de Light

Light se distingue par une très forte personnalité, héritée en partie de l’admiration qu’il porte pour son père, chef de police. En ce sens, on peut dire qu’avant l’avènement du Death Note, c’est quelqu’un avec un sens prononcé de justice et une âme plutôt noble.
On remarque aussi qu’il possède un sens aigue de pragmatisme, avec lequel il mène avec brio n’importe quelle tâche. On voit cela notamment à son parcours scolaire quasi-parfait et son adaptation systématique aux complications qu’il aura à faire face. Tout cela avec une gueule de beau gosse.

Oui, le mec à tout dans la vie… Tout sauf sa soif subconsciente de changer la réalité du monde et vivre dans un monde plus « Juste ».

Au fil des épisodes, nous serons témoins du changement profond de personnalité de Light qui va virer à la mégalomanie, la manipulation, des traits de psychopathe et … un god complex ?

4/ God Complex ?

Belle transition pour parler explicitement de ce trait de caractère assez prononcé chez Light.

Un complexe de Dieu est une croyance inébranlable caractérisée par des sentiments de capacités personnelles exceptionnelles, de privilèges ou d’infaillibilité.
Merci Wikipedia 🙂

En effet, si on s’attarde sur le comportement de Light, on peut dire qu’il est réellement atteint de God Complex. Je ne considère pas nécessairement que ce soit un mauvais trait de caractère.
J’estime même qu’il faut être exceptionnel pour prétendre à ce trait de caractère. 
C’est le caprice des grands, de ceux qui ont marqué leur époque… Un peu comme Light.

5/ Manipulation

On aura droit à une masterclass de la part de Light quand il s’agit du concept de « La fin justifie les moyens », il n’aura d’ailleurs aucun scrupule à se débarrasser des personnes qui essaieront d’entraver sa réussite.

Un des exemples les plus frappants à mon avis est celui de Naomi Misora (paix à son âme), ou l’on a découvert que Light n’a pas de limite éthique, morale ou sociale.

Tout est basé sur un pragmatisme où tous les coups sont permis.

D’ailleurs, il usera de son charme, son intelligence et sa rhétorique pour « corrompre » des pions potentiellement problématiques (petit wink à Kiyomi Takada et Misa Misa).

6/ Light did nothing wrong

Bienvenue au club 😉
Vous aurez compris que je suis assez complaisant avec les actions de Light.
Je considère tout simplement qu’il sacrifie sa personne et trempe dans le mal pour le bien de l’humanité.

D’ailleurs, n’est-il pas intéressant de critiquer cette ambiance « politiquement correcte » à foison ou même les criminels bénéficient de la plus grande des compassions ?

Un criminel sait que dans la majorité des pays la peine de mort n’est plus appliquée. De ce fait, il peut tuer, violer et commettre les pires méfaits avant de se retrouver dans une prison à vie nourrilogé.

Ou est l’égalité dans tout cela ? 
Quelqu’un peut-il m’affirmer que passer le reste de sa vie en prison est une contrepartie « juste » quand on a tué des gens volontairement ? De surcroit dans le cas d’un tueur en série ?

Light arrive dans ce contexte où il élimine ceux qui ne méritent plus de vivre, en gros, il rétablit l’inégalité causée par la loi inégale des hommes.

7/ Mort de L et références bibliques

Death note est rempli de références bibliques, mais puisque je me concentre sur la personnalité de Light, je vais parler d’une référence au juste.
Je parle du moment ou Light et L reviennent trempés d’eau après une énième discussion métaphysique en haut du bâtiment hyper sécurisé de L.


On y voit le parallèle avec l’histoire ou Jésus lave les pieds de Judas, alors même que ce dernier s’apprête à trahir Jésus.


Cette comparaison donne un caractère abjecte à ce que se prépare à faire Light, légitimant encore plus la haine portée à ce personnage de base.


Une autre scène, celle-ci coupée de la série, assez puissante nous montre Light, le Judas de notre histoire, en train de se délecter la mort de L, en montrant des signes psychologiques inquiétants pour un humain se disant normal.

8/ Fin discutable

Je pense que la fin est très discutable.
D’une part, je voulais que Light l’emporte pour voir l’aboutissement de sa méthode de pensée, l’impact qu’elle aurait pu avoir sur plusieurs décennies et le traumatisme qu’elle aurait laissé dans l’histoire de l’humanité.
D’autre part, si Light devait perdre, j’aurais aimé qu’au moins il ne soit pas dépeint de manière aussi abjecte et nulle. Techniquement, on est bien d’accord qu’il aurait dû gagner contre Near. La seule erreur de Light aura été de ne pas avoir prévu que Mikami réfléchisse plus que nécessaire et sorte du cadre dessiné par Light.

Malheureusement, c’est ce qui permet à un être inférieur comme Near, pour rester poli, de se la péter vers la fin alors que tout le monde sait qu’il n’est pas L éco + sans saveur.

Peut-être que les auteurs ont eu peur de mettre une fin qui ne plaira pas à la majorité ou pire, qu’ils aient été influencés par leur éditeur ou par des associations de protection de X ou Y qui arrivent à être assez influentes sur des sujets précis.

Ça reste quand même une fin pas mal, qui fait son taf et qui nous ferme la parenthèse surnaturelle qu’est Death Note.

Il est aussi intéressant de noter que lorsque Light fuit l’entrepôt, une scène plutôt intrigante se passe.

On peut l’interpréter comme suit : le Light du présent, fuyant ce qu’il est devenu et revenant sur ses pas en quelque sorte et en face le Light du passé, celui qui n’a pas encore été « perverti » par le Death note qui avance calmement sans crainte vers le futur.

Les deux se croisent même à un moment, mais on a l’impression qu’ils se trouvent dans deux lignes parallèles, comme si les auteurs nous disaient qu’il est trop tard pour vouloir revenir en arrière.

En soit cette scène ainsi que la scène finale de sa mort, où il entrevoit le fantôme de L, sauvent la baraque.

9/ Ce que serait devenu Light sans le Death Note

Puisqu’on vient d’évoquer brièvement le concept de lignes parallèles et de présent/passé, je me suis dit qu’on pourrait s’amuser à réfléchir à ce que serait devenu Light s’il n’avait pas rencontré le chemin de Ryuk et du Death Note.

Connaissant sa personnalité, son sens de la justice et son background familial, la première réponse triviale serait de se dire qu’il serait quand même devenu policier ce qui est très probable.

Je me plais quand même à penser que vu son charisme et son parcours scolaire, il aurait pu aussi faire carrière en politique voire comme avocat ou juge.

Ces postes-là sont prisés par les personnages à forte personnalité et intelligents.

Il ne serait pas choquant de voir Light comme un Mikami (mais en mieux) défendant ses convictions en public, à la télévision et sur les réseaux sociaux.

Un Light qui aurait pu arriver au poste de commandement suprême à savoir président de son pays.
Quand on y pense, c’est ironique vu que son but de base était de … Changer le monde en mieux.
N’aurait-il pas mieux fait de reposer ce foutu Death Note et continuer le chemin qu’il voulait se tracer ? 
Peut-être aurait-il eu de meilleurs résultats qu’avec un Death Note ?
Je laisse ces questions en suspens et je vous dis à la prochaine pour un autre focus personnage.

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