À l’image de la franchise Touhou, osu! peut apparaître comme un ovni vidéoludique. Le nom, à consonance japonaise, rappelle la filiation entre ce qu’est devenu osu! et le jeu Nintendo qui traversa entre 2006 et 2007 l’Occident sous le nom Elite Beat Agents. Du jeu Nintendo, osu! ne reprendra que le gameplay, c’est-à-dire le cœur d’un jeu de rythme, la façon dont on « danse » la musique.

Pourquoi l’existence d’osu! est bizarre ? D’abord, parce qu’il s’agit en quelque sorte d’une émulation. Ensuite, par son modèle économique : un tag supporter (qui valait entre 2,17 $ et 4 $ en novembre 2014) donne des avantages in-game et sur le site du jeu, indissociable de l’expérience de jeu ; autrement, le jeu est entièrement gratuit — même si osu! possède aussi une boutique de goodies. Autre étrangeté : le jeu possède quatre modes de jeu différents. osu! normal (gameplay de Elite Beat Agents) ; osu!mania (sorte de Guitar Hero) ; taiko (reprenant Taiko no Tatsujin) ; Catch the Beat (original celui-ci).
Avec du japonais comme osu! et Taiko no Tatsujin, on peut s’imaginer les musiques du jeu de rythme. C’est la discothèque paradisiaque des weebs ! On y trouve : du Touhou, du Love Live!, des openings et des endings qui datent parfois de la saison actuelle. Du vocaloid, du nightcore (la raison pour laquelle j’ai découvert le jeu).
L’autogestion est également une dimension par laquelle osu! se distingue : les créateurs de contenu sont les joueurs eux-mêmes, qu’il s’agisse des maps, des storyboards, des skins ; les modérateurs sont aussi des joueurs ; le principal développeur du jeu, Dean « peppy » Herbert, est à l’écoute de la communauté, le code est open-source, et un serveur Discord organise même l’apport de la communauté sur le plan du développement du jeu.
Enfin, osu! est un jeu compétitif. Par défaut, choisir des beatmaps (« cartes de jeu », où des cercles, sliders et des spinners s’enchaînent en rythme avec la musique, selon une difficulté propre à chacune) se fait sur la page des maps classées. La part la plus active de la communauté suit les joueurs les plus forts, leurs scores, leurs streams.

profile osu

Un classement national et mondial existe, qui varie parfois (le jeu vient d’ailleurs de connaître un gain d’intérêt parce que les critères de classement ont changé) et range les joueurs selon leurs points de performance. En parlant de mondial, j’ai évoqué les coupes du monde annuelles ?

Pour conclure un portrait de l’écosystème dans lequel évoluent ses joueurs, on peut aussi parler des sites tiers. Ce sont des sites présents sur Internet, et qui partagent les particularités de s’adresser aux joueurs du jeu sans être officiels. Plus un gros site en génère, plus on sait qu’il est pertinent : dans un article sur les statistiques, l’exemple de MyAnimeList et d’anime.plus est présenté.
Il y a par exemple osu!Skills, qui établit son propre classement selon des critères différents de ceux du jeu. Il propose aussi de comparer son profil à celui d’autres joueurs, ou une sélection de maps pour s’entraîner dans les diverses catégories de classement.osu!skillsosu-pps sert à scanner les maps du jeu selon les critères de classement, pour détecter les maps qui donnent le plus de points de performance pour le moins d’effort — ce qui mène au problème récurrent d’une inflation des classements, ainsi qu’à l’hyperpopularité des mappeurs démagogues, qui abusent du système (Monstrata, Sotarks… Les deux sont connus pour ça, ainsi que pour avoir proposé des commissions contre des maps en jeu.).

Après un exposé des origines, des joueurs et des qualités du jeu, puis une introduction à sa vie compétitive, il faut aussi parler des conditions du jeu : le hardware, le minimum syndical tout comme l’optimal.
On peut jouer de plein de manières à osu! : entièrement à la souris style Riviclia, à l’écran tactile, en utilisant une tablette et un clavier, avec un clavier et une souris, sur portable, sur clavier visuel, sur arcade… Tant que ça marche, c’est okay.

Bien sûr, il y a un mode de jeu mainstream auprès des joueurs les plus talentueux : clavier mécanique pour taper en rythme, stylet de la tablette pour bien viser. La supériorité de la tablette sur la souris s’explique par deux faits : le poids d’un stylet est plus léger que celui d’une souris ; jouer une longue map à la souris tend à faire glisser le poignet (ou du moins le grip, la manière dont on tient la souris), à l’inverse du stylet.
Le choix du clavier mécanique s’explique pour sa durabilité, sa rapidité d’input, et le sentiment clair d’avoir pressé une touche. Autre avantage : le clavier fait assez de son pour qu’on puisse juger du rythme auquel on tape grâce à lui. Mais des claviers spécialement faits pour le jeu existent sur le marché (à commander en ligne, bien sûr) : deux touches seulement.

Ces dernières lignes n’avaient pour intérêt que de montrer jusqu’à quelle profondeur il est possible d’aller pour atteindre le sommet du jeu. Bien sûr, on peut s’arrêter un peu plus bas, et plutôt que de se comparer aux autres, en rester à un dépassement de soi. Le jeu possède des accomplissements pour sanctionner chaque passage important, et l’on peut décider de n’afficher qu’un classement de ses propres scores sur chaque map. Ma dernière médaille en date remonte à 2018, quand j’ai réussi à survivre à une 6 étoiles !

osu medals

En espérant que cet article vous ait donné envie de donner sa chance au jeu, rappelez-vous : FAITES LE TUTORIEL (j’ai déjà fait cette erreur…), et « You’re well on your way to become an osu! rhythm champion! ».

 

La couverture de l’article est un fan-art de Joori réalisé pour le concours de fan-arts d’été 2017.

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