Bonjour et bienvenue pour un article revenant sur l’adaptation manga du visual novel Yosuga no Sora (2008). Si vous avez bien lu l’en-tête (et surtout le « SPOILERS »), ou si vous avez entendu parler du titre un minimum (l’anime a été vu par au moins 340 000 personnes selon MyAnimeList, et c’est beaucoup pour une série de 2010), vous saurez que nous aborderons aujourd’hui l’inceste. Même si le jeu vidéo et l’anime possèdent du contenu explicite, ce n’est pas le cas du manga, et il faut ici lire inceste romantique.
Afin de guider cette review, je commencerai par introduire le manga et ses protagonistes. Ensuite, je m’attaquerai à vous exposer la franchise Yosuga no Sora, ainsi que sa « concurrence » d’à l’époque. Juste après ça, je vous dirai mon ressenti de l’œuvre, et critiquerai plus spécialement le manga sur deux aspects qui m’ont marqué : la romance, et la place de la culture rurale japonaise. Enfin, je montrerai plusieurs extraits visuels pour vous laisser vous faire une idée de l’œuvre.

 

Synopsis et personnages :

 

Le synopsis qui suit est une traduction française de l’article Wikipédia anglophone concernant toute la franchise.
« À la suite d’un accident tragique, les jumeaux Kasugano, désormais orphelins, déménagent à la campagne où leur grand-père vivait. Dans l’espoir de reconstruire une vie brisée, les deux âmes si semblables — et pourtant si lointaines — devront se confronter à des attentes divergentes dans les jours à venir. Inquiet quant à l’avenir, Haruka Kasugano s’attache aux souvenirs du passé, y cherchant la force de protéger sa sœur malade. »

 

 

Comme le manga ne développe vraiment que quatre personnages, et adapte surtout l’arc de Sora, je vais maintenant présenter Haruka et Sora Kasugano.
Haruka Kasugano est décrit par le Fandom.com (domaine anglophone où plusieurs encyclopédies amatrices et participatives — notamment dédiées aux franchises otaku — de type Wikipédia sont hébergées) comme « un garçon gentil et honnête qui se crée facilement des amitiés durables, même s’il est parfois gamin et surprotecteur. », ayant « de courts cheveux argentés et des yeux noirs, ainsi qu’une silhouette fine ».
Sora Kasugano, elle, est décrite comme : « une jeune fille très jolie ressemblant à une poupée, souvent considérée comme fragile et faible », « aux longs cheveux argentés attachés en couettes et aux yeux gris ». Elle porte souvent « une poupée lapine, reçue en cadeau de la part de sa mère ».

 

Franchise et concurrence :

 

Yosuga no Sora (dont le titre anglais, Sky of Connection, peut se comprendre comme Ciel de Relation) est une franchise d’abord publiée comme visual novel le 5 décembre 2008. Le jeu est illustré par Takashi Hashimoto et Hiro Suzuhira, écrit par Yukiji Tachikaze et Seiri Asakura, et sa musique est composée par Manack.
Le manga suit entre 2009 et 2010, sérialisé dans le magazine Monthly Comp Ace de Kadokawa Shoten, finit par être compilé en deux volumes en 2010. L’anime de 12 épisodes, produit par le studio feel., est diffusé en automne 2010.
C’est donc le cas classique d’une franchise ayant employé le mix média (utilisation de plusieurs médias à des fins publicitaires) en espérant surtout capitaliser sur les ventes de disques Blu-ray, de manga, de jeux et produits dérivés.

 

 

 

En automne 2010 était aussi diffusé l’anime incestueux probablement plus connu OreImo par le studio AIC Build (540 000 visionneurs sur MyAnimeList), étant une franchise d’abord sortie en light novel en 2008. Un jeu OreImo développé par Bandai Nanco Games est sorti sur PSP en janvier 2011.
On peut aussi mentionner en printemps 2010 la télédiffusion de Kiss X Sis, un anime incestueux produit par le studio feel., adaptation d’un manga sorti en 2004.

 

Critique :

 

J’ai déjà doublement témoigné de mon appréciation de l’histoire du manga, d’abord en la qualifiant de « magnifique » dans l’en-tête de la review, et ensuite en y consacrant autant de lettres. Et je ne tarirai pas d’ardeur quand il faudra louer ce manga. C’est véritablement un second coup de foudre que j’ai ressenti pour ce manga, ayant déjà vu l’anime par le passé.
Un vrai cas où le manga est meilleur que l’anime, simplement parce que l’intrigue est moins séparée, prolongée, incohérente. Plutôt que d’adapter chaque route comme l’anime le fait par rapport au VN — ce qui est le principal défaut de sa réalisation, mais ce qui était probablement dans le cahier des charges de la publicité faite au jeu —, le manga s’attache à ne développer que quatre personnages, et principalement un arc : celui de la romance entre Sora et Haruka, donc ce pour quoi on continue de lire un manga qui commence par un frère aidant sa sœur jumelle en sous-vêtements.

 

Ayant abordé ce qui m’a plu dans la structure, ainsi que dans l’adaptation, je devrais probablement équilibrer en disant des choses négatives quant au manga. On peut évoquer la sexualisation, mais j’ai aimé. Ou peut-être la personnalité de Sora, mais c’est déjà une tsundere plus supportable que Louise dans Zero no Tsukaima (le LN date de 2004), que je supporte aussi. Non, franchement, je trouve que le manga raffine la trame de l’anime et la perfectionne, et j’avais vraiment adoré l’anime. Une romance incestueuse exemplaire, un barème que peu d’autres anime incestueux (et je guette d’assez près le genre) ont égalé.

 

La romance :

 

Passons aux thèmes annoncés plus tôt. Quant à la romance, on peut d’abord souligner qu’elle mêle amour platonique (celui de la famille, normal) et romantique (d’un être qu’on désire charnellement). Une telle confusion est je trouve assez rare, et désirable, dans le sens où elle approfondit une relation (celle de fraternité/sororité) en transgressant les sociétés : il faut rappeler que l’anthropologue Claude Lévi-Strauss disait que ce qui fondait la société était la prohibition de l’inceste.
La sexualité, au-delà de simplement fournir une saveur érotique pour le lectorat, a ici une valeur autre : elle est d’une part au cœur du drame interne que vit Sora, et est ensuite l’arme de séduction que cette dernière emploie pour obtenir l’affection de Haruka — quitte à s’éhonter devant des yeux inattendus…
Pour terminer, la romance atteint des dimensions métaphysiques dans la fin tragique du manga, car une fable de purification — ablution, pour être exact, c’est-à-dire lavage du corps à valeur religieuse — est réinvestie dans un lac sublime. Tandis que l’on croit que Haruka va se noyer, purifié par la mort rectifiant l’inceste (on se croirait vraiment dans la tragédie grecque, pour le coup), Sora parvient à la sauver par un baiser le ressuscitant.

 

Si je peux dire d’une romance qu’elle réinvestit la relation familiale, le désir charnel et affectif motivant l’abandon du corps, et la dimension métaphysique de l’amour, c’est que l’œuvre est au minimum sublime.

 

La ruralité et sa culture :

 

C’est un thème au final assez mineur et sur lequel j’aurai moins à dire que sur la romance, mais je tenais à en parler un peu. Comme pas mal d’otaku, je suis citadin. L’urbain est une réalité qui m’est quotidienne quand elle n’est pas réinventée (à la manière, disons, du manga Tokyo Ghoul (2011). Aussi, le rural relève pour moi quasiment du fantasme. C’est l’occasion d’une évasion contemporaine.
Mais au-delà de l’évasion, c’est l’occasion d’exploiter la culture traditionnelle du Japon, augmentant pour le lecteur occidental (ou étranger) la possibilité d’évasion, et renforçant un sentiment identitaire pour les lecteurs japonais (ou étrangers s’étant appropriés les codes, lectures, valeurs et/ou pratiques sociales du pays).
L’anime expose un festival culturel, une miko (jeune prêtresse vierge du culte shintoïste), une danse kagura (selon Wikipédia, le kagura (神楽, littéralement « agrément des kamis ») est un rite artistique shintoïste, consistant globalement en une danse théâtrale.), et même une légende du village ! Et chaque élément est propice au développement de l’intrigue.

 

Parler de la ruralité et de sa culture, c’est aussi utile pour expliquer les tendances relationnelles des gens à la campagne : ils ont plus tendance à être soudés, fraternels et solidaires qu’à la ville. On peut constater cette dynamique dans le jeu Higurashi (2002), le film Ookami Kodomo no Ame to Yuki (2012), ou même dans l’anime Sakura Quest (2017).
Ce qui résonne avec le titre alternatif, In solitude, where we are least alone (Dans la solitude, où nous sommes le moins seul), car des personnages d’une société rurale auront plus tendance à compter les uns sur les autres, à avoir une conscience collective, et à prêcher la moralité.
En d’autres termes, on peut lire dans l’œuvre une confrontation entre l’individualisme (venu de la ville, et plus globalement lié à l’occidentalisation comme uniformisation culturelle du monde) et le collectivisme (caractère plus moral et groupé de la vie rurale).

 

Extraits :

 

 

 

 

Sources :

 

Bannière : https://wall.alphacoders.com/big.php?i=408146.
Franchise Yosuga no Sorahttps://fr.wikipedia.org/wiki/Yosuga_no_Sora.
Kagurahttps://fr.wikipedia.org/wiki/Kagura.
Personnages : https://yosuganosora.fandom.com/wiki/.
Synopsis : https://en.wikipedia.org/wiki/Yosuga_no_Sora.

 

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